« Cette crise est un marqueur des forces et des faiblesses des pays et des entreprises » (Y. Perrier)

News Tank RH - Paris - Actualité n°220689 - Publié le 16/06/2021 à 16:01
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Débats d’aujourd’hui Transformations de demain - Groupe Alpha - © DR.

« La différence majeure entre la crise actuelle et celle de 2008 c’est que cette dernière partait du système financier et se propageait à l'économie. Là c’est une crise sanitaire qui n’a pas eu d’impact significatif sur le système financier parce que les États ont élaboré des plans de protection », déclare Yves Perrier Chief Executive Officer @ Amundi
, président du CA Conseil d’Administration d’Amundi • Entreprise de gestion d’actifs française issue du rapprochement de Crédit agricole Asset management et Société générale asset management • Filiale de Crédit agricole S.A. • Création : 2010 … lors de la première édition des « Débats d’aujourd’hui, Transformations de demain » organisée par le Groupe Alpha Le Groupe ALPHA conseille et met en mouvement les entreprises et les acteurs publics sur des thématiques économiques, sociales et environnementales au plus près des territoires. Il intervient de…  avec la collaboration de News Tank. Il participait à la première table-ronde sur le thème : « La crise sanitaire, révélateur et accélérateur des transformations de l'économie ? Quelles modalités de relance pour la France et pour l’Europe ? »

« En ce qui concerne l’analyse des effets de la crise, au printemps dernier, il y a eu de nombreux débats autour de l’idée que rien ne sera comme avant. Je fais une analyse un peu différente : je pense que cette crise est un accélérateur de tendances structurelles qui étaient à l'œuvre et en même temps, un marqueur des forces et des faiblesses des pays et des entreprises », ajoute-t-il.

De son côté, Jean-Hervé Lorenzi Président fondateur @ Cercles des économistes
, économiste et président du Cercle des économistes « annonce qu’il va y avoir une reprise très forte en France, et probablement un deuxième plan de relance ou de soutien en février 2022, ce qui permettra au président de la République de mettre un peu de grain à moudre pour relancer la mécanique… Tout cela est prévisible et assez simple. »

Pour Francois Hommeril, président confédéral de la CFE-CGC • Organisation syndicale représentative • Mission : incarner le syndicalisme spécifique des techniciens, agents de maîtrise et cadres. En assurer la représentation et être la gardienne de son… , la crise économique provoquée par l'épidémie « nous a fait prendre conscience de la fragilité que cela représente pour les différents processus industriels de constituer une force industrielle. Nous payons le fait d’avoir tout misé sur le juste à temps au motif tout simplement que les transports étaient accessibles de façon uniforme et à un coût très bas. »

« Il faut sortir de cette crise avec un peu de lucidité », indique Pierre Ferracci Président-fondateur @ Groupe Alpha • Président @ Paris FC (PFC)
, président du Groupe Alpha. « Sur le rôle de l’industrie, la ministre déléguée à l’Industrie, Agnès Pannier-Runacher a dit des choses assez fortes. La France a beaucoup de choses à rattraper. Quand elle dit que l’on va connaître un rebond plus significatif que les autres, c’est parce qu’on a plongé plus profondément, et c’est aussi parce que le poids de l’industrie est faible. Il n’y a que deux pays européens sur les 27 qui ont plongé aussi fortement que nous, ce sont l’Italie et l’Espagne, des pays du sud, et si on prend les taux de croissance qui sont envisagés en 2021, on est dans le peloton de queue des 27 pays européens. »

Ont participé à cette table-ronde :
• Francois Hommeril, président confédéral de la CFE-CGC,
• Jean-Hervé Lorenzi, économiste et président du Cercle des économistes,
• Yves Perrier, président du CA d’Amundi,
• Pierre Ferracci, président du Groupe Alpha.


« Le monde va changer en profondeur mais pas sur la stratégie macro-économique » (J.-H. Lorenzi)

« Il va y avoir des modifications très importantes du capitalisme, mais pas celles que l’on croit. Nous allons continuer sur des stratégies de croissance ralenties, ce qui a été le cas pendant deux siècles, du 10e au 12e siècle. Dans ce contexte, aucune banque centrale ne prendra le risque de mettre en cause la solvabilité des États. Il n’y aura pas d'évolutions très significatives de ce point de vue là au moins pour les années qui viennent. Même chose pour l’inflation. Après, le monde va changer en profondeur mais pas sur la trajectoire macro-économique. »

« Il y aura une reprise très forte en France »

« Je peux vous annoncer qu’il va y avoir une reprise très forte en France, et probablement un deuxième plan de relance ou de soutien en février 2022, ce qui permettra au président de la République de mettre un peu de grain à moudre pour relancer la mécanique… Tout cela est prévisible et assez simple. Deux nouveautés toutefois :

  • Idéologiquement, la rupture majeure qui a été évoquée aux États-Unis : l’instauration d’un minimum d’impôt sur les sociétés au niveau mondial (que tout le monde ne partage pas bien sûr) ;
  • Ce qui veut dire, derrière, le partage salaires/profits qui va évoluer dans le sens d’un équilibrage offre/demande. Toutefois, ces modifications profondes mettront du temps à se mettre en œuvre. »

« En Europe, il y a des gagnants et des perdants et si, à un moment déterminé, il y a des évolutions sur les taux d’intérêt, s’ils remontaient de manière très forte, l’unité même de l’Europe serait remise en cause. La dimension politique serait dans ce cas extrêmement difficile. »

Pierre Ferracci, président du Groupe Alpha réagit : « Les tensions entre les gagnants et les perdants en Europe vont resurgir assez vite. Les craintes d’inflation et de remontée des taux d’intérêt vont être un peu plus crédibles qu’on le pense aujourd’hui. »

« Cette crise est un accélérateur de tendances structurelles » (Y. Perrier)

« La différence majeure entre la crise actuelle et celle de 2008 c’est que cette dernière partait du système financier et se propageait à l'économie. Là c’est une crise sanitaire qui n’a pas eu d’impact significatif sur le système financier parce que les États ont élaboré des plans de protection. Voilà pour le contexte. »

« En ce qui concerne l’analyse des effets de la crise. Au printemps dernier, il y a eu de nombreux débats autour de l’idée que rien ne sera comme avant. Je fais une analyse un peu différente : je pense que cette crise est un accélérateur de tendances structurelles qui étaient à l'œuvre et en même temps, un marqueur des forces et des faiblesses des pays et des entreprises. »

« La première tendance structurelle est d’ordre géopolitique. C’est le déplacement du centre de gravité du monde vers l’Asie. (…) En 2050, les premières puissances par le PIB seront la Chine, l’Inde et les USA. La notion de pays émergent ne veut plus rien dire. Deuxième point, en Europe, nous avons vécu depuis une vingtaine d’années, une accentuation des divergences entre les États. Je ne pense pas que l’on peut seulement raisonner en terme global, macro-économique, il y a une compétition mondiale, l’Asie était sur un terrain favorable et la crise de la Covid renforce sa position par exemple. Elle a mieux géré la crise que nous et retrouvé son niveau de PIB. Le monde de demain sera un monde multipolaire fait de contradictions fortes. »

« Il y aura des gagnants et des perdants sur le plan industriel »

« L’autre mutation est d’ordre industrielle. Quand on parle de la transition énergétique, il faut voir que c’est une formidable mutation industrielle : dans l’offre d'énergie, dans les produits et dans la façon de les produire. Je suis très optimiste sur le fait que nous puissions participer. Mais, à la fin, il y aura des gagnants et des perdants sur le plan industriel. Je trouve que la façon dont on a géré la mutation de l’automobile vers l'électrique est l’exemple de ce qu’il ne faut pas faire, parce qu’on va détruire des tas d’emplois et on va se rendre compte, à la fin, que le bilan carbone, une fois que l’on aura additionné ce que l’on a produit et ce que l’on apporte va être défavorable. »

« Je trouve que l’on traite la transition digitale avec beaucoup de naïveté. La digitalisation concerne tous les secteurs. Attention à ne pas déverser des tonnes d’argent dans les entreprises de technologie et pas dans nos secteurs dits traditionnels. Les effets en productivité sont devant nous. Dans cette crise  sanitaire on s’est rendu compte qu’en travaillant avec des circuits plus courts, davantage de priorités, en fait, on peut être beaucoup moins nombreux. Le point positif, c’est de reconnaître que l’industrie est clé. C’est elle qui entraîne tout le reste. C’est un élément de reconquête. »

« Il faut retrouver un nouveau pacte entre les entreprises et l'État. »

Yves Perrier, président du CA Conseil d’Administration d'Amundi

« Ce que la crise n’a pas changé c’est la gestion par les coûts dans les entreprises » (F. Hommeril)

« Je vais tenter de me faire le témoin de la micro-économie, c’est-à-dire, du quotidien. La désindustrialisation c’est aussi une multitude de petites histoires vécues par les salariés. On peut se poser la question : “Qu’est-ce que la crise nous a appris ?” mais aussi : “Qu’est-ce qu’elle ne nous a pas appris ?” Elle nous a appris l’importance des stocks et du transport. La grande histoire de la désindustrialisation a à voir avec la façon dont on a, et dont on va gérer les stocks. Le stock c’est un outil pour l’ingénieur, pour optimiser ses machines. Vingt ans plus tard, c’est devenu un coût et on dit : il faut le diminuer à zéro. Là on prend énormément de risques. La crise sanitaire l’a prouvé. »

« Nous avons pris conscience de la fragilité que cela représente pour les différents processus industriels de constituer une force industrielle. Nous payons le fait d’avoir tout misé sur le juste à temps au motif tout simplement que les transports étaient accessibles de façon uniforme et à un coût très bas. »

« Ce que la crise n’a pas changé c’est la gestion par les coûts dans les entreprises. J’ai des dizaines d’exemples qui montrent que c’est la gestion par les coûts qui a conduit l’entreprise à sa chute et lorsqu’on a mis en place un vrai projet stratégique, on a pu rebondir et se redéployer. La priorité, c’est la stratégie qui est adoptée dans l’entreprise. »

Francois Hommeril Président confédéral @ CFE-CGC (Confédération française de l’encadrement - Confédération générale des cadres)
, président confédéral de la CFE-CGC

« Il faut sortir de cette crise avec un peu de lucidité » (P. Ferracci)

« Il faut sortir de cette crise avec un peu de lucidité. Sur le rôle de l’industrie, la ministre déléguée à l’Industrie, Agnès Pannier-Runacher Ministre déléguée à l’industrie @ Ministère de l'Économie, des Finances et de la Relance
a dit des choses assez fortes. La France a beaucoup de choses à rattraper. Quand elle dit que l’on va connaître un rebond plus significatif que les autres parce qu’on a plongé plus fortement, c’est aussi parce que le poids de l’industrie est faible. Il n’y a que deux pays européens sur les 27 qui ont plongé aussi fortement que nous, ce sont l’Italie et l’Espagne, des pays du sud et si on prend les taux de croissance qui sont envisagés en 2021, on est dans le peloton de queue des 27 pays européens. »

« La participation des salariés dans les conseils est une des réponses » aux transformations nécessaires dans cette sortie de crise. « Il faut s’inspirer de l’Europe du Nord plutôt que de la Grande-Bretagne. Cela peut être un vecteur de développement de l’Europe satisfaisant pour les citoyens. Cela peut être un vecteur de rapprochement avec les Allemands, la Norvège, la Suède ».

Pierre Ferracci, président du Groupe Alpha

François Hommeril


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Parcours

OPCA DEFi
Vice-président
OPCA DEFi
Président
CFE-CGC (Confédération française de l’encadrement - Confédération générale des cadres)
Secrétaire national Formation professionnelle, Europe et International
Usine de fabrication de corindon de La Bâthie
Chef du service assistance technique
CFE-CGC (Confédération française de l’encadrement - Confédération générale des cadres)
Membre du comité confédéral au titre de la délégation de la fédération Chimie CFE-CGC
CFE-CGC (Confédération française de l’encadrement - Confédération générale des cadres)
Responsable de la coordination Groupe Pechiney (puis Alcan, puis Rio Tinto)
CFE-CGC (Confédération française de l’encadrement - Confédération générale des cadres)
Délégué syndical central site de la Bâthie groupe Aluminium Pechiney
Usine de fabrication de corindon de La Bâthie
Ingénieur de fabrication
Usine de production d’alumine de Gardanne
Ingénieur procédé
Usine de production d’alumine de Gardanne
Ingénieur de fabrication
Centre de recherche sur l’alumine de Gardanne
Ingénieur de recherche

Établissement & diplôme

Institut National Polytechnique de Lorraine
docteur en géologie
CNRS Nancy
doctorant dans le domaine de la croissance cristalline
Ecole Nationale des Sciences Géographiques (ENSG)
Ingénieur géologue

Fiche n° 26091, créée le 28/09/2017 à 18:11 - MàJ le 10/10/2019 à 16:44

Pierre Ferracci

Date de naissance : 11/06/1952
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Parcours

Label « Campus des métiers et des qualifications »
Président du groupe d’experts constitué pour l’examen des projets
Conseil national éducation économie (CNEE)
Président (sur nomination du ministre de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche)
Paris FC (PFC)
Président
Groupe Alpha
Président-fondateur

Fiche n° 27023, créée le 15/11/2017 à 11:34 - MàJ le 16/04/2021 à 19:30

Yves Perrier


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Parcours

Paris EUROPLACE
Vice-président
Association française de la gestion financière (AFG)
Président d’honneur
Crédit agricole SA
Directeur général adjoint
Amundi
Chief Executive Officer
CACEIS
Chairman of the Board
Crédit agricole SA
Member of Crédit Agricole sa’s Executive Committee

Établissement & diplôme

Essec Business School
Diplômé

Fiche n° 43847, créée le 16/06/2021 à 12:54 - MàJ le 16/06/2021 à 13:58

Jean-Hervé Lorenzi


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Parcours

UBS Holding France
Vice-président
Conseil d’analyse économique (CAE)
Membre
Gras Savoye
Directeur général
Cercles des économistes
Président fondateur
Université Paris-Dauphine
Professeur d'économie
Matignon
Conseiller économique d’Edith Cresson, Premier ministre

Fiche n° 43848, créée le 16/06/2021 à 14:03 - MàJ le 16/06/2021 à 14:21


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