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« Accompagner les salariés des secteurs sinistrés : le plus dur de la relance » (A. Pannier-Runacher)

News Tank RH - Paris - Actualité n°220632 - Publié le 14/06/2021 à 20:54
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A. Pannier-Runacher, P. Ferracci - © News Tank.

« Il va falloir accompagner socialement les salariés des secteurs [sinistrés par la crise] ce qui n’est pas une mince affaire. C’est même le plus difficile dans l’accompagnement de la relance. Les entreprises sont prêtes, les marchés sont là, les consommateurs sont au rendez-vous, mais il faut que les salariés puissent être au bon endroit », déclare Agnès Pannier-Runacher Ministre déléguée à l’industrie @ Ministère de l'Économie, des Finances et de la Relance
, ministre déléguée à l’Industrie, le 10/06/2021 en introduction de la première édition des « Débats d’aujourd’hui, Transformations de demain » organisée par le Groupe Alpha Le Groupe ALPHA conseille et met en mouvement les entreprises et les acteurs publics sur des thématiques économiques, sociales et environnementales au plus près des territoires. Il intervient de… avec la participation de News Tank.

« Réinvestir l’industrie c’est un enjeu à la fois économique, social et politique », selon Agnès Pannier-Runacher Ministre déléguée à l’industrie @ Ministère de l'Économie, des Finances et de la Relance
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Pierre Ferracci Président-fondateur @ Groupe Alpha • Président @ Paris FC (PFC)
, président du Groupe Alpha a interviewé la ministre peu de temps avant le démarrage de l'évènement. Cet échange a été diffusé pour le démarrage de la première table-ronde sur le thème : « La crise sanitaire, révélateur et accélérateur des transformations de l'économie ? Quelles modalités de relance pour la France et pour l’Europe ? »

« La crise sanitaire que nous venons de traverser a été difficile. Elle va laisser des traces durables. Mais on en sort sans doute avec une vision du monde de demain un peu plus précise, avec des difficultés à surmonter mais aussi des atouts que la crise a mis en évidence », déclare Pierre Ferracci. « Le Groupe Alpha veut, au travers de ses activités, sur le terrain, auprès des entreprises, des représentants du personnel, des dirigeants, des collectivités locales et de l'État, contribuer à transformer le monde, à trouver un équilibre entre les enjeux de compétitivité de notre économie et les enjeux sociaux. »

« Il faut que les salariés se sentent sécurisés dans les entreprises, qu’ils soient formés, qu’on les aide à gérer des transitions d’un métier à un autre. Ces enjeux économiques et sociaux doivent aussi tenir compte des enjeux environnementaux. Le vrai problème, c’est de trouver une articulation entre ces différents enjeux et le Groupe Alpha va essayer d’apporter sa contribution modeste mais forte. »


Groupe Alpha : nouveau logo et nouvelle signature

Groupe Alpha, nouveau logo - ©  D.R.
À l’occasion de cet évènement, le président du Groupe Alpha a dévoilé le nouveau logo de son groupe et sa nouvelle identité : « Être les architectes du vivre ensemble ». Il explique : « Dans une société très éclatée, confrontée à des difficultés majeures que l’on retrouve dans les entreprises, nous voulons rapprocher les points de vue. Nous n’ignorons pas les divergences de visions et d’intérêts dans la société comme dans l’entreprise mais à travers ces différences, nous voulons trouver les compromis équilibrés qui font qu’une entreprise se porte mieux parce que l'économique sans le social, cela n’a pas de sens, et l'économique et le social sans l’environnemental et la protection de la planète, cela en a encore moins, pour les nouvelles générations mais aussi pour nous… On ne peut plus fonctionner comme avant. »

Trouver les compromis équilibrés entre les enjeux économiques, sociaux et environnementaux : « Le Groupe Alpha veut donner ce rendez-vous, dans les trois ans qui viennent (clin d'œil aux Jeux Olympiques de 2024), aider à cette transformation dans les entreprises, accompagner les acteurs, les aider à transformer leur entreprise et la société en trouvant les convergences qui sont nécessaires. » Pierre Ferracci, président du Groupe Alpha

Pousser les entreprises pouvant servir de locomotives

Les premiers dispositifs mis en place par l'État français au plus fort de la crise ont consisté à « maintenir le lien entre les entreprises et les salariés pour être plus forts à la sortie de cette crise », déclare Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée à l’Industrie. Pour réussir la sortie de crise, il va falloir, dit-elle :

  • « À la fois pousser les entreprises qui peuvent servir de locomotives - je pense notamment à l’industrie qui connaît des situations diverses (surchauffe dans l’agroalimentaire et la santé, ralentissement, voire crise profonde comme dans l’aéronautique) - à accélérer leurs investissements grâce au Plan de relance ;
  • Et, dans le même temps, continuer à accompagner celles qui ont été stoppées dans leur élan par la crise sanitaire, et faire en sorte de lisser dans le temps les PGE Prêt garanti par l'État par exemple, de revoir les échéanciers de remboursement des entreprises en difficulté, d’aider celles qui ont des problèmes de trésorerie, etc., tout cela pour que les entreprises rebondissent et maintiennent leurs emplois. Il faut éviter tout effet falaise. »

« C’est possible mais cela demande une grande attention de notre part, une grande information des entreprises concernées (en particulier les plus petites situées parfois dans des secteurs historiquement épargnées par les crises économiques : les HCR Hôtels-Cafés-Restaurants , les discothèques par exemple) et des TPE pas forcement outillées pour aller discuter “échéancier de remboursement” au tribunal de commerce, que nous devons accompagner. »

La crise a eu un mérite : elle a pointé les vulnérabilités de notre pays

Re-légitimer le rôle de la puissance publique dans l’accompagnement de la réindustrialisation »

« La crise a eu “un mérite” : elle a pointé les vulnérabilités de notre pays », souligne la ministre. « Sur certaines activités, nous étions dépendants d’autres pays. L’opportunité c’est de re-légitimer le rôle de la puissance publique dans l’accompagnement de la réindustrialisation. (…) Plus largement, l’Europe commence à assumer la nécessité d’avoir un plan industriel ambitieux et d’investir dans ces entreprises et dans la relocalisation, y compris sur les biens matures et pas seulement sur les économies de pointe. »

Pour Agnès Pannier-Runacher, cela signifie :

  • « Assurer la montée en gamme de nos chaînes de production. C’est ce que nous faisons avec le guichet Industrie du futur (plus de 9.000 entreprises vont présenter un dossier) ;
  • Investir dans les marchés du futur (production de vaccins, bio-production, transition numérique, économie numérique…). Nous avons plutôt perdu la première bataille du BtoC et du numérique (réseaux sociaux), il faut prendre part et gagner la bataille du BtoB et de l’utilisation des données numériques dans l’industrie. Ces champs-là sont portés par des projets ambitieux et que l’on retrouve dans notre PIA Programme d’investissements d’avenir . »

On a parlé des gains de la délocalisation mais assez peu de ses coûts

Dans le Plan de relance, à peu près 500 dossiers de relocalisation sont enregistrés. Il s’agit d’entreprises qui réinternalisent la production d’un sous-traitant, d’autres qui lancent un nouveau produit sur leur chaîne française plutôt que sur leur chaîne chinoise, tchèque ou portugaise, ou encore des entreprises qui pensent « chaîne d’approvisionnement » sur le continent européen en resserrant les mailles de leur chaîne de production.

On s’aperçoit que les coûts cachés peuvent être évités grâce à la relocalisation »

« Cette question des relocations entraîne un changement de paradigme », observe la ministre. « On a parlé des gains de la délocalisation mais assez peu de ses coûts (distance, empreinte CO2, malentendus entre les parties…). On s’aperçoit que tous ces “coûts cachés” peuvent être évités grâce à la relocalisation, à condition d’investir dans l'économie du futur, d'être dans un écosystème innovant pour toujours avoir de l’avance, donner du service aux clients, etc. La France pourra, dans ce cas, défendre sa place dans la moyenne européenne [sur la relocalisation]. Elle pourra alors pousser les feux là où elle est la meilleure : les mathématiques, l'IA intelligence artificielle et la transition écologique notamment. »

La difficulté à recruter des compétences est le premier frein à la croissance

« Sur le papier, les trois objectifs économiques, sociaux et environnementaux devraient fonctionner », indique Agnès Pannier-Runacher. « Diminuer les importations revient à diminuer le bilan carbone de la France. Ensuite, on s’aperçoit que le premier frein à la croissance, c’est la difficulté à recruter du personnel compétent (et pas de trouver des marchés ou d'être financé). On peut donc se dire que lorsqu’on s’engage dans la transition écologique, on gagne de nouveaux marchés et on génère des emplois qui permettent de transformer des compétences. »

Dans la réalité, les choses se passent autrement, en particulier dans le secteur automobile. En matière de motorisation, le consommateur a choisi son camp : il a généré « 150.000 primes à la conversion pour le diesel en 2019 ». Il est décidé - probablement de manière irréversible - à passer à d’autres véhicules moins polluants.

Les sous-traitants du secteur automobile ont des compétences qu’ils peuvent mettre à disposition d’autres secteurs »

« Tout l’enjeu pour les politiques que nous sommes est de cadencer et de réguler les transformations [écologiques] et de faire en sorte que ce qui pourrait être potentiellement profitable aux économies européennes ne conduise pas à casser toute la sous-traitance automobile. Il faut accompagner l'évolution des compétences de cette sous-traitance, et faire en sorte que ces PME/ETI entreprise à taille intermédiaire ne soient uniquement positionnées sur l’automobile. Elles sont devenues très dépendantes de ce secteur alors qu’elles ont des compétences qui peuvent être mises à disposition du nucléaire, du ferroviaire ou de l’aéronautique quand il repartira en 2024/2025. Il faut bien faire la distinction entre secteur et compétences. »

Accompagner socialement les salariés des secteurs affectés : le plus difficile dans la relance

La réponse va passer par la dimension de reconversion individuelle et collective sur les bassins d’emploi »

« Il va falloir accompagner socialement les salariés de ces secteurs ce qui n’est pas une mince affaire. C’est même le plus difficile dans l’accompagnement de la relance », selon la ministre. Les entreprises sont prêtes, les marchés sont là, les consommateurs sont au rendez-vous, mais il fait que les salariés puissent « être au bon endroit ».

« Aujourd’hui, des  entreprises n’arrivent pas à trouver de salariés alors que des personnes n’arrivent pas à trouver d’emploi. La réponse va passer par la dimension de reconversion individuelle et collective sur les bassins d’emploi en allant chercher d’autres secteurs [pour ces sous-traitants], ou d’autres usages pour des pièces produites dans l’automobile par exemple. »

« Je mesure que c’est un vrai défi qui suppose un engagement extrême de la filière et qui suppose un travail très étroit entre les représentants des salariés, les entreprises et les autorités publiques. »

Des motifs d’espoir

Pour la ministre déléguée à l’Industrie, l’avenir réserve des motifs d’espoir :

  • « Pour la première fois en 2017, 2018 et 2019, on a recréé de l’emploi industriel net ;
  • La France est sur la première place du podium pour des projets industriels portés par des étrangers en Europe ;
  • On commence à revoir de la fierté dans les yeux des Français à propos de leur industrie. Nous avons longtemps été “Le petit Chose” et douté des qualités de nos entreprises industrielles. »

« La croissance, c’est aussi la confiance », selon Agnès Pannier-Runacher. « On peine à recruter dans l’industrie car, aujourd’hui, les jeunes ne sont pas encore convaincus que leur avenir est dans ce secteur. Ils en ont encore une image déformée. Il faut tenter de changer cette image et faire en sorte que l’appétit pour l’industrie se développe. J’y crois car c’est la colonne vertébrale de notre économie : deux-tiers des innovations sont réalisées dans le secteur industriel, et c’est dans ce domaine que nous exportons : 70 % des exportations sont issues de l’industrie et celle-ci génère de l’emploi dans les territoires notamment ruraux. » Les salariés s’y implantent,  ce qui entraîne de nouveaux services publics comme des écoles.

« Lorsqu’on regarde la carte de la désindustrialisation, on voit que les extrêmes politiques s’ancrent dans ces territoires. Réinvestir l’industrie c’est donc un enjeu économique, social et politique. De plus en plus d'élus et de chefs d’entreprise sont prêts à s’engager sur “ce chemin de crête” ».

Les échanges de la table-ronde : « La crise sanitaire, révélateur et accélérateur des transformations de l'économie ? Quelles modalités de relance pour la France et pour l’Europe ? » feront l’objet d’un article spécifique.

Ont participé à cette table-ronde :

  • Francois Hommeril, président confédéral de la CFE-CGC,
  • Jean-Hervé Lorenzi, économiste et président du Cercle des économistes,
  • Yves Perrier, président du CA d’Amundi.

Pierre Ferracci

Date de naissance : 11/06/1952
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Parcours

Label « Campus des métiers et des qualifications »
Président du groupe d’experts constitué pour l’examen des projets
Conseil national éducation économie (CNEE)
Président (sur nomination du ministre de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche)
Paris FC (PFC)
Président
Groupe Alpha
Président-fondateur

Fiche n° 27023, créée le 15/11/2017 à 11:34 - MàJ le 16/04/2021 à 19:30

Agnès Pannier-Runacher


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Parcours

Ministère de l'Économie, des Finances et de la Relance
Ministre déléguée à l’industrie
Ministère de l'Économie, des Finances et de la Relance
Secrétaire d'État auprès de Bruno Le Maire
Compagnie des Alpes
Directrice générale déléguée Finances Stratégie, Développement, Juridique et DSIO
Faurecia
Directrice de la division client
Fonds stratégique d’investissement
Directrice
Caisse des Dépôts (CDC)
Directrice adjointe finance et stratégie
Assistance publique - Hôpitaux de Paris (APHP)
Directrice de cabinet de la directrice générale

Établissement & diplôme


Fiche n° 33795, créée le 09/01/2019 à 09:34 - MàJ le 05/03/2021 à 14:40

Groupe Alpha

Le Groupe ALPHA conseille et met en mouvement les entreprises et les acteurs publics sur des thématiques économiques, sociales et environnementales au plus près des territoires. Il intervient de l’expertise à l’analyse financière, de l’audit au conseil RH, en passant, entre autres, par l’accompagnement aux transformations ou le management par les singularités. Il est constitué en deux branches d’activités :

• SECAFI accompagne les représentants du personnel et co-construit des compromis équilibrés. Il accompagne le développement des entreprises en veillant aux justes équilibres entre enjeux économiques, sociaux et environnementaux.
SEMAPHORES accompagne les organisations, publiques et privées, dans leurs stratégies et projets, dans leurs transformations, en conciliant performance et qualité de vie au travail.

Les missions du Groupe visent à concilier les divergences, à faire en sorte que les parties prenantes de l’organisation, internes et externes, dialoguent pour arriver à des compromis négociés. Pour que les enjeux de performance économique et financière soient plus que jamais mâtinés d’enjeux humains, sociaux, professionnels.

• CA : 130 M€ (2020)
• Effectifs : 900 salariés
Président du conseil d’administration : Pierre Ferracci
Directrice générale : Estelle Sauvat (également DG de Secafi)

Contact
• Tél. : 01 53 62 70 00


Catégorie : Etudes / Conseils


Adresse du siège


Groupe Alpha
20-24 rue Martin Bernard
75013 Paris France


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Fiche n° 5893, créée le 05/10/2017 à 05:27 - MàJ le 11/06/2021 à 19:05

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