Opco Mobilités : « Plus de 450 000 dossiers traités en 2025 » (Isabelle Maimbourg, DG)
« L’Opco a traité un peu plus de 450 000 dossiers en 2025, soit près de 19 000 de plus qu’en 2024, tous dispositifs confondus (alternance, apprentissage, professionnalisation et actions de formation). En matière d’apprentissage, on enregistre 70 146 contrats en 2025, avec une baisse de 2,5 % par rapport à 2024 », déclare Isabelle Maimbourg

, directrice générale d’Opco Mobilités
• Opérateur de compétences en charge de la formation et de la transition professionnelle des métiers de la mobilité (automobile, logistique, services et transports)• Création …
, à News Tank, le 23/02/2026.
Au sujet de la négociation de la COM (convention d’objectifs et de moyens), Isabelle Maimbourg déclare : « Nous sommes déjà mi-février et aucune date n’est arrêtée. Un CA est prévu le 10/03/2026, et nous espérons que nous disposerons d’un projet de COM avant cette date, car c’est ce qui définit notre feuille de route. Le prochain CA ayant lieu en juin, il serait dommage de manquer cette échéance. »
« En parallèle, deux sujets structurants mobilisent ce début d’année. D’une part, nous attendons toujours la réponse à notre rescrit fiscal concernant le non-assujettissement à la TVA au 01/10/2026. D’autre part, la facturation électronique, qui est étroitement liée au rescrit. À ce stade, plusieurs modalités restent à arbitrer et cela nous permettrait d’orienter nos développements de la facturation électronique vers telle ou telle solution. »
« Plusieurs scénarios circulent concernant l’économie de 100 M€ annoncée sur les frais de fonctionnement des Opco pour 2026. D’après ce que nous entendons, cette économie pourrait en réalité être étalée sur 2026, 2027, voire 2028, c’est-à-dire sur la durée de la COM », selon Isabelle Maimbourg.
Au sujet de la mutualisation de certains services entre Opco, elle dit : « Par mandat des DG d’Opco, je pilote le groupe de travail sur la mutualisation inter-Opco, principalement sur les achats. Des propositions seront très prochainement réalisées. »
Quel est le bilan 2025 d’Opco Mobilités en matière de chiffres ?
Les premiers chiffres 2025 d’Opco Mobilités sont encore provisoires, la clôture étant en cours. Ils traduisent toutefois une activité en hausse : en 2025, l’Opco a traité un peu plus de 450 000 dossiers, soit près de 19 000 de plus qu’en 2024, tous dispositifs confondus (alternance, apprentissage, professionnalisation et actions de formation). Cette progression confirme le besoin des entreprises et des branches mais également la pertinence de notre engagement.
En matière d’apprentissage, 70 146 contrats ont été enregistrés en 2025, avec une baisse de 2,5 % par rapport à 2024. En tenant compte des 4 500 dossiers reçus en janvier correspondant à 2025, le chiffre réel s’établit à 74 953 nouveaux contrats d’apprentissage, soit 1 918 de moins qu’en 2024. En parallèle, près de 7 500 contrats de professionnalisation ont été comptabilisés, ce qui témoigne du recours à ce dispositif.
Opco Mobilités a été peu impacté en 2025 par la baisse des aides et le reste à charge pour les entreprises de plus de 250 salariés. La majorité des contrats concerne des niveaux infra-bac à bac + 2. Les niveaux 6 et 7 représentent 20 à 25 % des contrats et ont, pour beaucoup, été signés avant le 01/08/2025.
Les engagements cumulés atteignent 1,248 Md€ en 2025Sur le plan financier, les engagements cumulés atteignent 1,248 Md€ en 2025, contre 1,398 Md€ en 2024, soit une baisse de 11 %. Sur ce total, l’apprentissage représente 930 M€. La diminution s’explique par la baisse des volumes et par celle des niveaux de prise en charge, dans un contexte d’ajustement des financements.
Le plan de développement des compétences a été financé à hauteur de plus de 52 M€ en 2025, témoignant d’un effort maintenu en faveur de la formation. Les dossiers reçus après le 30/11/2025 ont toutefois été refusés faute de fonds.
Enfin, la dynamique par branche reste stable. Le tassement des recrutements entraîne un recul des entrées en apprentissage, mais la baisse des cofinancements liés aux demandeurs d’emploi a été partiellement compensée par l’alternance, ce qui a permis de limiter le repli. Certaines branches sont davantage sous tension : le transport routier de marchandises est fortement touché, tandis que les services de l’automobile font face à une mutation profonde des compétences liée à l’électrification et aux évolutions du secteur.
Quelles sont les principales attentes des entreprises et des branches accompagnées par Opco Mobilités ?
En 2025 comme en 2026, les attentes des entreprises accompagnées par Opco Mobilités ne changent pas fondamentalement. En revanche, nous observons que certaines branches passent progressivement d’une phase d’étude à une phase plus opérationnelle.
Les agences de voyages ont été parmi les premières à s’emparer de l’intelligence artificielle. Confrontées à une forte tension de recrutement post-Covid, à la perte d’intermédiation face aux plateformes en ligne et à l’essor des offres « tout compris » sur Internet, elles ont travaillé successivement sur la GEPP Gestion des Emplois et des Parcours Professionnels , la RSE Responsabilité sociétale et environnementale , le recrutement, puis sur la valeur ajoutée humaine et l’IA Intelligence artificielle . Après des travaux exploratoires et des livres blancs en 2024, 2025 marque la phase de déploiement à l’échelle de la branche.
Le principal enjeu commun reste la transition numériqueÀ l’inverse, dans le transport routier de marchandises, l’IA n’est pas prioritaire à ce stade et son utilisation diffère selon la typologie des entreprises. L’enjeu immédiat porte sur la décarbonation et l’électrification des flottes, avec des contraintes techniques fortes, notamment pour les poids lourds.
De manière générale, au-delà des enjeux de recrutement, le principal enjeu commun reste la transition numérique. Avant même l’IA, beaucoup de petites entreprises doivent encore franchir un cap en matière de digitalisation. Les années 2025 et 2026 sont donc largement consacrées à cette remise à niveau.
Quel regard portez-vous sur le récent rapport de l’Igas Inspection générale des affaires sociales sur les Opco ?
Le rapport de l’Igas Inspection générale des affaires sociales se présente en deux volets : individuel et collectif. Concernant le rapport individuel, au début de la mission, nous avons vu ce travail d’un bon œil, car la démarche permettait un vrai travail d’amélioration continue et de remise en question sur nos activités et nos décisions. Le travail a été exigeant, mais il nous a permis de mieux nous connaître.
Cependant, à la réception du rapport contradictoire en juillet, nous avons été surpris par un certain nombre d’éléments : plusieurs chiffres nous ont semblé inexacts, et la lecture générale nous a paru biaisée. Les recommandations ou commentaires étaient le plus souvent présentés sous un prisme négatif avec des comparaisons qui variaient selon les cas (réalisé 2024, conventionné 2024, budget 2025, ou bien la moyenne, la médiane, le mini ou le maxi), ce qui rendait l’ensemble difficile à interpréter.
Nous avons donc consacré l’été à reprendre point par point les chiffres, le fond et la forme, et à transmettre nos observations. Le rapport définitif concernant Opco Mobilités s’est avéré plus équilibré : nos remarques ont été largement prises en compte et les chiffres corrigés.
Cependant, le rapport global des 11 Opco présentait, lui, des points de discussions similaires, notamment sur certains chiffres et sur les bases de comparaisons retenues. Nous regrettons de fait l’empreinte médiatique et politique laissée par ce rapport, alors que de nombreuses interrogations de méthodes subsistaient.
Où en est la négociation de la COM d’Opco Mobilités ?
Nous avons tenu nos deux réunions bilatérales avec nos présidences paritaires et la DGEFP Délégation générale à l’emploi et à la formation professionnelle / Délégué général à l’emploi et à la formation professionnelle pour échanger sur les indicateurs. Le 17/02/2026, une réunion de travail s’est également tenue avec nos DSI Directeur des systèmes d’information pour clarifier un indicateur d’habilitation de nos systèmes d’information. Le processus n’est toutefois pas encore finalisé.
Nous commençons à être attentifs au calendrierNous commençons à être attentifs au calendrier : nous sommes déjà mi-février et aucune date n’est arrêtée. Un CA Conseil d’Administration est prévu le 10/03/2026, et nous espérons qu’avant cette date, nous disposerons d’un projet de COM (convention d’objectifs et de moyens), car c’est ce qui définit notre feuille de route. Le prochain CA ayant lieu en juin, il serait dommage de manquer cette échéance.
En parallèle, deux sujets structurants mobilisent ce début d’année. D’une part, nous attendons toujours la réponse à notre rescrit fiscal concernant le non-assujettissement à la TVA Taxe sur la valeur ajoutée au 01/10/2026. Envoyé fin décembre, il devait donner lieu à une réponse fin janvier, mais nous n’avons pas encore de retour. Sans clarification technique et juridique, il est difficile de mettre en œuvre les mesures prévues, et le calendrier de préparation se resserre.
D’autre part, la facturation électronique, qui est étroitement liée au rescrit. À ce stade, plusieurs modalités restent à arbitrer. Cela nous permettrait d’orienter nos développements de la facturation électronique vers telle ou telle solution : subrogation ou non, plan de développement des compétences intégré au changement de régime fiscal ou non.
À cela s’ajoute également notre assujettissement à la « loi spéciale » dite de services votés. En attendant la promulgation de la loi de finances, nous ne pouvons pas engager notre budget 2026 voté en conseil d’administration. Que ce soit sur notre budget de fonctionnement, ou pour le financement d’actions de formation au titre du plan de développement des compétences et de la gestion des emplois et des parcours professionnels.
L’actualité est donc particulièrement dense.
Avez-vous des précisions sur les économies annoncées pour les Opco ?
La DGEFP a annoncé une économie de 100 M€ sur les frais de fonctionnement des Opco pour 2026. Depuis, plusieurs scénarios circulent. D’après ce que nous entendons, cette économie pourrait en réalité être étalée sur 2026, 2027, voire 2028, c’est-à-dire sur la durée de la convention d’objectifs et de moyens.
La difficulté majeure, c’est l’incertitude qui dure depuis des moisSur le principe, réaliser des économies est logique : les Opco doivent contribuer à l’effort, comme tout citoyen, et non en tant qu’opérateur de l’État. Il n’y a pas de débat là-dessus. En revanche, cela doit tenir compte de la situation et du modèle de chaque Opco, car tous les Opco n’ont pas la même composition. Par exemple, Opco Mobilités a des contributions conventionnelles et des versements volontaires qui nous permettent de mener des actions au profit des branches concernées ou des entreprises, quand d’autres Opco n’en ont pas ou moins.
Enfin, au-delà du montant, la difficulté majeure, c’est l’incertitude qui dure depuis des mois : tant que les paramètres ne sont pas stabilisés, il est très difficile de planifier et d’anticiper.
Quel est votre avis sur la mutualisation de certains services entre Opco ? Est-ce une piste d’économie intéressante ?
Par mandat des DG Directeur général / Directrice générale d’Opco, je pilote le groupe de travail sur la mutualisation inter-Opco, principalement sur les achats. Des propositions seront très prochainement réalisées.
En revanche, la mutualisation a ses limites. Nous pouvons partager des locaux ou des salles, comme cela se fait déjà, mais aller au-delà, notamment sur les ressources humaines, est complexe pour des raisons juridiques et sociales. Les branches et les partenaires sociaux pilotent la formation professionnelle, et chacune veut conserver son identité. Par exemple, pour les observatoires de branches, on ne peut pas généraliser : il faut analyser chaque branche individuellement, au risque de perdre leur spécificité.
Quels sont les grands chantiers d’Opco Mobilités pour les prochaines années ?
Nos gros chantiers sont identifiés, même si les moyens ne sont pas forcément tous disponibles. Cette année, nous devons gérer trois sujets structurants : la facturation électronique, le changement de régime fiscal et la période de reconversion, qui reste complexe malgré le CERFA Centre d’enregistrement et de révision des formulaires administratifs récent. Ces trois dossiers vont mobiliser une grande partie de l’année.
Un enjeu stratégique partagé avec tous les financeurs est la détection de la fraudeEn parallèle, nos priorités restent le développement de l’apprentissage et le maintien de notre force vive pour les recrutements. Le plan de développement des compétences est central, car les besoins évoluent très vite : il faut aligner les compétences des salariés avec les enjeux des entreprises, des branches et des secteurs.
Enfin, un enjeu stratégique partagé avec tous les financeurs de la formation professionnelle est la détection de la fraude.
Justement, que pouvez-vous nous dire sur la lutte contre la fraude ?
La lutte contre la fraude, ou plutôt la détection de la fraude (qui évite l’engagement financier), concerne surtout l’apprentissage. Elle s’est développée à cause de la non-régulation du CPF Compte Personnel de Formation et de dispositifs qui ont mis longtemps à être encadrés. Les fraudeurs ont pu profiter de financements élevés et de procédures très ouvertes.
En tant qu’Opco, notre mission, par arrêté, n’est pas la lutte contre la fraude, mais le contrôle qualité. Il a donc fallu créer un référentiel qualité pour pouvoir contrôler les organismes de formation. En 2025, nous avons réalisé 750 contrôles qualité sur 3 000 CFA Centre de formation d’apprentis , ce qui est significatif. Nous sommes, à ce stade, les seuls opérateurs à effectuer autant de contrôles sur les structures financées. Pour autant, les acteurs frauduleux cherchent en permanence des moyens de contourner les contrôles, y compris lorsqu’ils ont le certificat Qualiopi certification qualité des prestataires de formation (et 100 % des fraudeurs sont certifiés Qualiopi). C’est donc une lutte quotidienne.
Parcours
Directrice générale
Directrice générale adjointe
Secrétaire générale
Directrice des projets transverses puis directrice « Synergies et performance »
Responsable administrative et finances
Fiche n° 43216, créée le 14/03/2021 à 17:02 - MàJ le 12/03/2026 à 12:42
Opco Mobilités
• Opérateur de compétences en charge de la formation et de la transition professionnelle des métiers de la mobilité (automobile, logistique, services et transports)
• Création : 01/04/2019
• Missions :
- financement du PDC (plan de développement des compétences) et de l’alternance
- appui aux branches pour l’anticipation des métiers et des qualifications
- création des certifications
- promotion des métiers
- service de proximité auprès des entreprises
• Nombre de branches : 17
- Agences de voyages et de tourisme et guides accompagnateurs
- Distributeurs-conseils hors domicile et grossistes en boissons
- Groupement des armateurs de services de passages d’eau et personnel navigant
- Manutention ferroviaire et travaux connexes
- Ports de plaisance
- Ports et manutention portuaire
- RATP (Régie Autonome des Transports Parisiens)
- Remorquage maritime et navigants d’exécution
- Remorquage maritime et officiers
- Services de l’automobile
- Transport en navigation intérieure
- Transport et services maritimes et officiers
- Transport ferroviaire
- Transport maritime et personnel navigant d’exécution
- Transports maritimes et personnel sédentaire
- Transports publics urbains de voyageurs
- Transports routiers et activités auxiliaires du transport
• Président : Denis Schirm (FGTE-CFDT)
• Vice-président : Francis Bartholomé (Mobilians)
• Directrice générale : Isabelle Maimbourg
• Directeur des ressources humaines et de la communication interne : Stéphane Coussinet
• Contact : Orane Faivre de Condé, directrice de la communication et des relations presse
• Tél. : 06 58 77 82 92
Catégorie : OPCO
Adresse du siège
204 Rond-Point du Pont de Sèvres92100 Boulogne-Billancourt France
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Fiche n° 8600, créée le 06/05/2019 à 05:16 - MàJ le 23/04/2026 à 14:50

