CPF : « Le recentrer sur la formation des salariés et rendre le CEP obligatoire » (Michel Beaugas, FO)

News Tank RH - Paris - Actualité n°220573 - Publié le 14/06/2021 à 13:03 - Mis à jour le 15/06/2021 à 21:40
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Michel Beaugas - © DR.

« Je préconise de recentrer le CPF Compte Personnel de Formation sur la formation professionnelle continue des salariés pour qu’il leur serve dans leur métier, qu’il leur permette de progresser dans leur carrière professionnelle grâce à une nouvelle qualification, de changer de métier s’ils le souhaitent et cela, en articulation avec les Transitions collectives (TransCo) », déclare Michel Beaugas Secrétaire confédéral au secteur de l’emploi et des retraites @ Force Ouvrière (FO) • Administrateur @ Pôle emploi • Membre titulaire de la SC-EOFP @ CNNCEFP • Administrateur au CA @ France… , secrétaire confédéral de FO, le 14/06/2021 à News Tank.

C’est pour cette raison qu’il recommande de « rendre le CEP Conseil en Évolution Professionnelle obligatoire » pour toute personne qui mobilise son CPF, ce qui est le cas pour la mise en œuvre de TransCo. Actuellement, les salariés doivent seulement être informés par leur employeur de la possibilité de recourir au CEP, notamment à l’occasion de l’entretien professionnel dont le contenu peut s’articuler avec celui du conseil. 

Selon Michel Beaugas, les salariés se saisissent insuffisamment du CPF : « Quand on regarde les 20 premières formations CPF, les demandeurs d’emploi sont les premiers bénéficiaires, pas les salariés. » D’autre part, les formations choisies devraient être « en lien direct avec l’emploi tenu ou le projet professionnel du salarié ». Il dénonce à cet égard l’importance du nombre de formations au Caces Certificat d’aptitude à la conduite en sécurité qui, « pour la plupart devraient être financées par l’employeur ».

Sur la co-construction du CPF, « on constate que certaines branches professionnelles abusent en l’encourageant ». Toutefois, FO étant favorable à la négociation d’entreprise sur le PDC Plan de développement des compétences et la GEPP Gestion des Emplois et des Parcours Professionnels , « on est bien dans ce cas dans le registre de la co-construction », indique Michel Beaugas.


« Ne pas entraver l’essor de l’apprentissage »

En ce qui concerne le déficit de France compétences • Établissement public administratif créé par la loi du 05/09/2018, placé sous la tutelle du ministre chargé de la formation professionnelle, qui réunit les ex-FPSPP, Copanef, Cnefop et CNCP. … , « cela fait un bon moment malheureusement qu’on l’estime probable autour de 3 Mds € cette année », dit Michel Beaugas. « Nous savions qu’il s'élèverait au minimum à ce montant, voire plus », ajoute un autre syndicaliste.

« Les solutions sont à la fois du côté des partenaires sociaux et de l'État. Pour le moment aucune piste ferme ne se dessine. La ministre du Travail va nous laisser le temps de terminer nos travaux le 09/07/2021 » dans le cadre de l’agenda social autonome. « Il pourrait y avoir une première réunion de concertation à partir du 01/07/2021 [dans le cadre de l’agenda social du Gouvernement] mais les deux concertations ne se percuteront pas. »

Sur l’apprentissage, « attention de ne pas entraver son essor ». « Je pense qu’il faut discuter avec les branches du niveau des coûts contrats. Certaines ont fait des efforts, d’autres moins », estime Michel Beaugas. « Il va falloir tout remettre à plat sur le sujet de l’apprentissage et ne pas oublier de parler sérieusement du tutorat. » D’après un autre syndicaliste, l’explosion des coûts de l’apprentissage est liée au fort développement de cette mesure en 2020, largement aidé par l’aide au recrutement de l'État mais aussi « à la reprise des stocks de contrats [financés avant la réforme par les] Régions. »

« Augmenter la contribution  des employeurs »

Selon le secrétaire général de FO, l’une des solutions consisterait à « augmenter la contribution financière des employeurs » qui est passée, en 2018, de 1,6 % de la MSB Masse salariale brute à 1 % pour les employeurs d’au moins 11 salariés. Toutefois, « les représentants des employeurs s’y opposent ».

Quant à créer une contribution des salariés à la formation professionnelle : « Non, ce serait leur appliquer une double peine », répond Michel Beaugas s’il s’agit, par la formation professionnelle, d’acquérir les compétences qu’ils n’ont pas pu obtenir en formation initiale. Et alors que la cotisation des salariés au régime d’assurance chômage a été supprimée, cela manquerait de logique.

« Divergence sur le PIC »

« Les employeurs souhaitent récupérer la fraction PIC Plan d’investissement dans les compétences -demandeurs d’emploi de leur contribution formation (1,6 Md€ par an). FO n’est pas d’accord. C’est de notre devoir de conserver une petite participation “employeurs” pour former les demandeurs d’emploi qui sont de futurs salariés. »

Michel Beaugas


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Parcours

Conseil d’orientation des retraites (COR)
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Pôle emploi
Administrateur
Force Ouvrière (FO)
Secrétaire confédéral au secteur de l’emploi et des retraites
Force Ouvrière (FO)
Secrétaire général de l’Union départementale du Calvados
Force Ouvrière (FO)
Permanent syndical au sein de l’Union départementale du Calvados

Fiche n° 24822, créée le 23/08/2017 à 11:46 - MàJ le 28/04/2020 à 14:03


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