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« Nous maintenons 70 % de nos formations pendant le confinement » (Olivier Haquet, ADomLingua)

Paris - Publié le lundi 27 avril 2020 à 14 h 43 - n° 181323 « Les commandes que nous recevons pendant le confinement concernent presque exclusivement des formations à distance », déclare Olivier HaquetOlivier Haquet, président de l’organisme de formation en langues ADomLinguaADomLingua, à News Tank le 24/03/2020.

« Dans les mois précédant la crise sanitaire, nous étions à un tiers de formations en présentiel pour deux tiers de visioconférences. Ce rééquilibrage nous permet de maintenir 70 % des formations proposées, ce qui est loin d’être le cas pour l’ensemble de notre secteur malheureusement. Du coup, nous n’avons pour l’instant pas recours au chômage partiel : toutes les équipes sont passées en télétravail. Mais comme notre volume de commandes a baissé de moitié depuis le début du confinement, il n’est donc pas impossible que nous y recourions dans le futur. »
Olivier Haquet - © StudioPlaire
Olivier Haquet - © StudioPlaire

Olivier Haquet répond aux questions de News Tank

Quel est l’impact global de la crise sanitaire sur le secteur de la formation ?

Le secteur de la formation tourne à moins de 25%Notre fédération professionnelle considère que le secteur de la formation tourne aujourd’hui à moins de 25 % de ses capacités d’avant la crise. En effet, beaucoup de centres de formations et de CFA ne peuvent plus dispenser de cours, alors que certains de leurs frais fixes se maintiennent : ils se retrouvent dans la même situation que les commerces et restaurants.

La crise devrait, de ce point de vue, se traduire par une restructuration de notre secteur vers des services plus digitalisés, avec des OF plus gros, plus affûtés dans leur offre de formation et subissant globalement une plus grande pression concurrentielle.

Comment s’organise ADomLingua pour poursuivre son activité ?

Après l’annonce du Premier ministre, le 14/03/2020, de la fermeture de tous les lieux accueillant du public, nous avons fermé nos locaux administratifs et nos salles de cours. Nous nous sommes concentrés sur deux tâches essentielles :

  • Continuer à assurer les cours et les formations en distanciel ;
  • Transformer nos formations présentielles en formations à distance : les formations en langue, par leur nature, se prêtent bien à ce passage du présentiel au distanciel.

Un transfert de 50 % de nos formations présentielles vers une pédagogie par visioconférenceLes apprenants et les formateurs jouent en grande majorité le jeu et nous avons ainsi pu transférer 50 % de nos formations présentielles vers une pédagogie par visioconférence. Nous observons également, depuis le début du confinement, une réalisation accélérée des formations en cours : les apprenants disposent malheureusement de plus de temps et en profitent pour terminer leur formation à distance. Des formations prévues sur 3 ou 4 mois s’achèvent ainsi en quelques semaines, y compris par le passage de la certification finale puisque certaines auxquelles nous préparons comme le Pipplet ou le LILATE, peuvent être intégralement passées depuis un ordinateur personnel.

Parmi les apprenants qui n’ont pas souhaité suivre leurs formations initialement présentielles par visioconférence, les principales raisons évoquées ont été :

  • les problèmes de débit internet ;
  • l’aménagement de leur logement qui ne leur permet pas de suivre les formations dans de bonnes conditions ; 
  • l’impossibilité de télétravailler et/ou de s’occuper de leurs enfants, et de se former dans le même temps.

Quelle part de votre activité représentaient ces formations en présentiel avant la crise ?

Deux tiers de nos formations en visioconférence avant la criseDepuis quelques années, il y avait déjà un fort rééquilibrage de nos activités du présentiel vers la visioconférence, motivé entre autres par les contextes successifs des manifestations gilets jaunes et de la grève contre la réforme des retraites. Dans les mois précédents la crise sanitaire actuelle, nous étions à un tiers de formations en présentiel pour deux tiers de visioconférences. Le contexte actuel renforce cette tendance et les commandes que nous recevons pendant ce confinement concernent presque exclusivement des formations à distance.

Ce rééquilibrage nous permet, à l’heure actuelle, de maintenir 70 % des formations proposées, ce qui est loin d’être le cas pour l’ensemble de notre secteur malheureusement. Cela nous permet pour le moment de ne pas avoir recours au chômage partiel : nous avons passé l’intégralité de nos équipes en télétravail. Je suis positivement surpris par l’adaptation et l'énergie des formateurs qui ont su rapidement passer à un enseignement 100 % à distance, chose nouvelle pour certains d’entre eux.

Songez-vous à recourir à l’activité partielle ?

Une baisse de moitié de notre volume de commandes depuis le début du confinementDepuis le début du confinement, nous observons une baisse de moitié de notre volume de commandes. Cela nous préoccupe pour l’avenir car nous allons devoir redémarrer notre activité sur des volumes d’affaires beaucoup plus faibles. Il n’est donc pas impossible que nous recourions au chômage partiel dans le futur pour adapter notre personnel à la réalité de l’activité.

Ce dernier mois de confinement a été l’occasion, pour beaucoup d’organismes de formation, de réfléchir à la digitalisation de leur organisation. Je ne compte plus le nombre de webinars auxquels j’ai assisté sur le sujet. Notre secteur se digitalise à marche forcée aussi bien sur le plan des contenus pédagogiques que sur le plan des process de suivi des formations. La crise actuelle va accélérer des tendances amorcées depuis des années et l’offre des organismes va encore gagner en valeur ajoutée pour l’apprenant.

Comment jugez-vous les actions du Gouvernement pour aider les organismes de formation face à cette crise ?

L'État est à la manœuvre pour maintenir l’activité économique et de nombreuses initiatives prises pour la formation vont dans le bon sens. Les consignes ont été passées auprès des financeurs publics de la formation continue (OpcoOpcoOpérateur de compétences, CDCCDCCaisse des Dépôts, Pôle EmploiPôle Emploi…) pour régler sans délai et avec une plus grande souplesse les factures et cela a fonctionné. La Caisse des Dépôts a notamment versé avec célérité les acomptes de 25 % prévus pour les formations CPF de plus de trois mois. Ceci a été pour nous un vrai ballon d’oxygène.

Par ailleurs, le FNEFNEFonds national de l'emploi est un dispositif intéressant pour stimuler la formation sur une période durant laquelle les salariés en activité partielle disposent théoriquement de temps. Il est encore trop tôt pour observer les premiers effets de ce programme doté de 500 millions d’euros, mais les entreprises et les salariés se renseignent de plus en plus.

Le certificat de réalisation : une simplification qui est la bienvenueDans les formations à distance, l’un des enjeux majeurs a toujours été de certifier la réalité du service fourni et du suivi de la formation par l’apprenant. Nous fonctionnons encore souvent avec des feuilles d’émargement. À l’occasion de cette crise, le Ministère du Travail a publié un modèle de Certificat de Réalisation : un document qui a vocation à être produit par les OF et par lequel ces derniers attestent qu’une formation a bien été suivie dans les conditions prévues. Cet engagement s’appuie sur la confiance et ne fait pas l’impasse sur la conservation d’autres justificatifs, mais il représente une simplification qui est la bienvenue. Ce serait une bonne nouvelle que ces certificats de réalisation soient pérennisés après le confinement, comme Stéphane RémyStéphane Rémy, sous-directeur des politiques de formation et du contrôle à la DGEFPDGEFPDélégation générale à l'emploi et à la formation professionnelle / Délégué général à l'emploi et à la formation professionnelle, l’a récemment laissé entendre.

Enfin, le report à 2022 de la nécessité pour les OF d’obtenir la certification Qualiopi pour pouvoir continuer d’intervenir dans le champ conventionnel est également une bonne chose. La date initiale du 01/01/2021 représentait dans le contexte actuel un délai trop court pour beaucoup d’organismes. Dans ce domaine nous sommes moins concernés puisque ADomLingua a déjà obtenu cette certification Qualiopi, parmi les premiers, en début d’année 2020.

Quelles autres décisions seraient les bienvenues pour les OF ?

Beaucoup d’entreprises clientes ont d’ores et déjà de grandes difficultés de trésorerie qui perdureront après le déconfinement. Nous nous attendons donc à ce que les budgets formation fassent partie des premiers sacrifiés. De ce point de vue, la possibilité pour les entreprises de bénéficier de subrogations ou d’étalements de paiement, pour alléger la charge financière liée à la formation, peut-être une piste.

L’abondement du CPFCPFCompte Personnel de Formation des salariés par leur entreprise était prévu pour juin 2020. Il risque d’intervenir à un moment peu propice : comment imaginer que les entreprises, déjà fortement impactées dans leur trésorerie, songent à cofinancer ce dispositif ?

La question budgétaire risque d’être aussi problématique pour les entreprises de plus de 50 salariés qui ont désormais moins accès aux fonds mutualisés pour financer la formation.

Comment la FFP vous accompagne-t-elle ?

La Fédération de la Formation ProfessionnelleFédération de la Formation Professionnelle a très rapidement mis à disposition un recensement des outils et des ressources numériques existants sur le marché, y compris les solutions gratuites. Le but est de permettre aux OF qui en ont besoin de digitaliser leurs pédagogies, leurs process de formation et d’encadrement mais aussi l’ensemble de leurs fonctions support : facturation, commercial, RH.

Elle est aussi en contact étroit et régulier avec le ministère du Travail et le ministère de l’Économie pour obtenir et nous relayer des informations de premier plan concernant les dispositifs légaux très mouvants. Cette prise directe avec les pouvoirs publics nous permet d’être informés rapidement et avec fiabilité.

Olivier Haquet
Fiche n° 31482, créée le 22/06/18 à 17:33 - MàJ le 05/12/19 à 17:30

Olivier Haquet



Parcours Depuis Jusqu'à
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PDG 2004 Aujourd'hui
2004 Aujourd'hui
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DG 2000 à 2001
2000 2001
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Vice-président 1999 à 2000
1999 2000
Ambassade de France aux Etats-Unis
Attaché linguistique 1998 à 1999
1998 1999
Êtablissement & diplôme Année(s)
HEC School of Management
MBA 1996 - 1998
1996 1998
University of Waterloo
MS Management 1995 - 1996
1995 1996
Institut national polytechnique de Grenoble
Ingénieur 1993 - 1996
1993 1996

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Fiche n° 9409, créée le 05/12/19 à 03:10 - MàJ le 05/12/19 à 16:10

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