Mutualisation : « Les 11 Opco ont négocié un accord avec l’UGAP » (Isabelle Maimbourg, Opco Mobilités)

News Tank RH - Paris - Interview n°448960 - Publié le
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« La mutualisation est déjà engagée. Au-delà de l’immobilier, les Opco ont mis en place un groupe de travail consacré aux achats. Une première étape importante vient d’être franchie : les 11 opérateurs de compétences ont signé une lettre d’intention et négocié un accord avec l’UGAP », déclare Isabelle Maimbourg
, directrice générale d’Opco Mobilités • Opérateur de compétences en charge de la formation et de la transition professionnelle des métiers de la mobilité (automobile, logistique, services et transports)• Création … .

« En regroupant leurs volumes d’achats, ils bénéficient désormais de conditions tarifaires bien plus avantageuses que lorsqu’ils négociaient individuellement. Les conventions individuelles viennent d’être finalisées et seront très prochainement signées. »

« Nous travaillons également à mutualiser et partager nos dispositifs de lutte contre la fraude. Une étude commune vient d’être restituée sur un outil commun qui serait mis en place tout début 2027. Nous pourrons vous en dire plus en fonction des validations de chaque gouvernance d’Opco à la rentrée. »

Concernant la COM (Convention d’objectifs et de moyens) 2026-2028 d’Opco Mobilités, signée le 02/07/2026, Isabelle Maimbourg déclare qu’un « budget révisé sera présenté au conseil d’administration d’octobre, le budget voté en décembre 2025 ayant été établi sans connaître les orientations de la COM. L’objectif est ensuite d’adopter le budget 2027 dès le mois de décembre. »

« Les baisses sont à apprécier sur deux ans, entre 2026 et 2027. L’objectif est d’atteindre un niveau stable en 2028, sans nouvelle augmentation de l’effort demandé. Même si la convention d’objectifs et de moyens n’était pas encore signée, nous connaissions les montants depuis plusieurs mois, ce qui nous a permis de préparer ces économies. »

« Nous avons agi sur plusieurs postes. Sur les frais de fonctionnement liés à l’alternance, aux contrats de professionnalisation, au plan de développement des compétences et aux périodes de reconversion, nous avons dû rééquilibrer nos financements en nous appuyant davantage sur les fonds conventionnels et les versements volontaires, qui ne sont pas concernés par ces économies. »


Après des mois de négociation, la Convention d’objectifs et de moyens 2026-2028 d’Opco Mobilités a été signée début juillet. Quelle est votre première réaction ?

Enfin ! À la fin, il s’agissait surtout d’ajustements de cadrage, de formulation et de quelques derniers recalculs d’indicateurs, sans modification de fond. L’essentiel du travail avait été réalisé dès le départ. Nous avons toutefois eu plusieurs allers-retours, notamment avec les autres Opco, afin de nous assurer que les indicateurs communs reposaient sur les mêmes définitions et soient pleinement comparables. Les derniers délais ont surtout été liés aux signatures des différentes parties. Le périmètre global était, pour nous, finalisé depuis le mois de mai 2026, et il était important de pouvoir passer à la suite.

Comment Opco Mobilités va-t-il mettre en œuvre cette nouvelle COM ?

La réforme de la TVA constitue un enjeu majeur

Avec la COM désormais arrêté pour les trois prochaines années - soit, en pratique, les deux ans et demi à venir -, Opco Mobilités va devoir adapter sa trajectoire budgétaire. Un budget révisé sera présenté au conseil d’administration d’octobre, le budget voté en décembre 2025 ayant été établi sans connaître les orientations de la COM. L’objectif est ensuite d’adopter le budget 2027 dès le mois de décembre.

La réforme de la TVA constitue un autre enjeu majeur. Les Opco devront être prêts au 01/10/2026, ce qui nécessite d’importants développements et génère des coûts supplémentaires. Opco Mobilités entend les identifier précisément afin de les faire valoir lors du bilan de la COM 2026 et demander qu’ils soient exclus du calcul des frais de gestion prévus par la convention.

La COM prévoit 6,8 M€ d’économies. Aviez-vous anticipé de telles baisses ?

Les baisses sont à apprécier sur deux ans, entre 2026 et 2027. L’objectif est d’atteindre un niveau stable en 2028, sans nouvelle augmentation de l’effort demandé. Même si la convention d’objectifs et de moyens n’était pas encore signée, nous connaissions les montants depuis plusieurs mois, ce qui nous a permis de préparer ces économies.

Nous avons agi sur plusieurs postes. Sur les frais de fonctionnement liés à l’alternance, aux contrats de professionnalisation, au plan de développement des compétences et aux périodes de reconversion, nous avons dû rééquilibrer nos financements en nous appuyant davantage sur les fonds conventionnels et les versements volontaires, qui ne sont pas concernés par ces économies.

Nous avons gelé les recrutements

Les principales mesures ont porté sur l’informatique, les effectifs et l’immobilier. Nous avons gelé les recrutements, supprimé les contrats saisonniers destinés à absorber les pics d’activité et fortement réduit les renforts liés à la campagne de l’apprentissage. Nous avons également rationalisé notre parc immobilier en regroupant plusieurs implantations régionales. Seule l’Occitanie conserve deux sites, compte tenu des distances et des enjeux de couverture territoriale. Nous avons aussi mutualisé certains locaux avec d’autres Opco, notamment avec l’Opcommerce à Dijon, Afdas dans le Grand Est et Uniformation en Guyane.

Enfin, nous avons réduit notre enveloppe consacrée aux diagnostics et à l’accompagnement des entreprises, qui représentait plus de 10 % des frais de fonctionnement : elle est passée de 7 millions d’euros en 2025 à 4 millions en 2026. Si des marges de manœuvre se dégagent en cours d’année, elles pourront être réaffectées à cette offre de services au bénéfice des entreprises.

Quelles conséquences concrètes cela aura-t-il sur l’offre de services d’Opco Mobilités ?

Le conseil d’administration a fait le choix de préserver la proximité avec les entreprises

Les économies prévues jusqu’en 2028 n’auront aucune incidence à la baisse sur notre offre de services. Au contraire, le conseil d’administration a fait le choix de préserver la proximité avec les entreprises. Concrètement, lorsqu’un conseiller entreprise ou un chargé de mission alternance-formation quitte l’organisation, il est systématiquement remplacé. Pour certaines fonctions, en revanche, tous les départs ne donneront pas nécessairement lieu à un remplacement poste pour poste. Cette évolution s’appuiera notamment sur l’automatisation et la robotisation de certaines tâches, avec un objectif clair : simplifier ce qui peut l’être, sans dégrader la qualité de service.

Nous travaillons, à 11 Opco, à mutualiser et partager nos dispositifs de lutte contre la fraude. Une étude commune vient d’être restituée sur un outil commun qui serait mis en place tout début 2027. Nous pourrons vous en dire plus en fonction des validations de chaque gouvernance d’Opco à la rentrée.

Au-delà de l’immobilier, des outils ou dispositifs seront-ils mutualisés avec les autres Opco d’ici 2028 ?

Les Opco mettent en place des groupements de commandes

La mutualisation est déjà engagée. Au-delà de l’immobilier, les Opco ont mis en place un groupe de travail consacré aux achats. Une première étape importante vient d’être franchie : les 11 opérateurs de compétences ont signé une lettre d’intention et négocié un accord avec l’UGAP. En regroupant leurs volumes d’achats, ils bénéficient désormais de conditions tarifaires bien plus avantageuses que lorsqu’ils négociaient individuellement. Les conventions individuelles viennent d’être finalisées et seront très prochainement signées.

Parallèlement, les Opco mettent en place des groupements de commandes afin d’acheter en commun certains équipements, comme des véhicules ou du matériel informatique. L’objectif est de réaliser des économies d’échelle en mutualisant les achats.

Concernant la lutte contre la fraude, envisagez-vous de déployer de nouveaux dispositifs ?

Pour préserver l’offre de services, nous avons fait le choix de maintenir la proximité avec les entreprises, tout en réaffectant une partie des effectifs. Ainsi, les gestionnaires dont l’activité diminue, notamment en raison de l’automatisation, de la robotisation et de la baisse du volume de contrats d’apprentissage, sont redéployés vers des missions de contrôle et de lutte contre la fraude.

Les gestionnaires dont l’activité diminue sont redéployés vers des missions de contrôle

Ils réalisent des contrôles de conformité plus approfondis, des contrôles de service fait et des vérifications renforcées des dossiers. L’objectif est d’intensifier la lutte contre la fraude, non seulement sur l’apprentissage, mais sur l’ensemble des dispositifs de la formation professionnelle. L’idée est d’éviter que les fraudeurs ne se reportent vers d’autres financements, comme cela a pu être observé avec le CPF, en sécurisant aussi bien les fonds du plan de développement des compétences que les financements conventionnels ou les versements volontaires.

Pour renforcer cette démarche, Opco Mobilités s’appuie également sur l’intelligence artificielle et des outils de business intelligence, qui analysent en continu les données afin de détecter des anomalies et de faire remonter les dossiers présentant des profils à risque.

Parcours

Opco Mobilités
Directrice générale
Opco Mobilités
Directrice générale adjointe
Opco Mobilités
Secrétaire générale
Association nationale pour la formation automobile (ANFA)
Directrice des projets transverses puis directrice « Synergies et performance »
Association de services pour la formation automobile (ASFA)
Responsable administrative et finances

Fiche n° 43216, créée le 14/03/2021 à 17:02 - MàJ le 23/07/2026 à 09:52

Opco Mobilités

Opérateur de compétences en charge de la formation et de la transition professionnelle des métiers de la mobilité (automobile, logistique, services et transports)
• Création  : 01/04/2019
Missions :
- financement du PDC (plan de développement des compétences) et de l’alternance
- appui aux branches pour l’anticipation des métiers et des qualifications
- création des certifications
- promotion des métiers
- service de proximité auprès des entreprises
• Nombre de branches : 17
- Agences de voyages et de tourisme et guides accompagnateurs
- Distributeurs-conseils hors domicile et grossistes en boissons
- Groupement des armateurs de services de passages d’eau et personnel navigant
- Manutention ferroviaire et travaux connexes
- Ports de plaisance
- Ports et manutention portuaire
- RATP (Régie Autonome des Transports Parisiens)
- Remorquage maritime et navigants d’exécution
- Remorquage maritime et officiers
- Services de l’automobile
- Transport en navigation intérieure
- Transport et services maritimes et officiers
- Transport ferroviaire
- Transport maritime et personnel navigant d’exécution
- Transports maritimes et personnel sédentaire
- Transports publics urbains de voyageurs
- Transports routiers et activités auxiliaires du transport
• Président  : Denis Schirm (FGTE-CFDT)
• Vice-président  : Francis Bartholomé (Mobilians)
Directrice générale : Isabelle Maimbourg
Directeur des ressources humaines et de la communication interne : Stéphane Coussinet
Contact : Orane Faivre de Condé, directrice de la communication et des relations presse
• Tél. : 06 58 77 82 92


Catégorie : OPCO


Adresse du siège

204 Rond-Point du Pont de Sèvres
92100 Boulogne-Billancourt France


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Fiche n° 8600, créée le 06/05/2019 à 05:16 - MàJ le 21/07/2026 à 10:12

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