CMA France : « Nous proposons la création d’un “passeport pour entreprendre” » (Joël Fourny, président)
« Alors que notre pays fait face à un nombre record de défaillances, nous proposons la création d’un “passeport pour entreprendre” : une formation préalable, de trois jours, que nous souhaitons rendre obligatoire. L’objectif est de donner à chaque créateur les clés pour entreprendre en toute connaissance de cause et améliorer durablement les chances de réussite de son entreprise », déclare Joël Fourny
Président @ CMA France (CMA) • Président @ CMA des Pays de la Loire • Membre du conseil @ Conseil économique, social et environnemental (Cese) • Président-fondateur @ SIMM Modelage
, président de CMA France
• Établissement public national fédérateur des chambres de métiers et de l’artisanat• Création : 2019 sous le nom « CMA » (anciennement Assemblée des Présidents des Chambres de Métiers de France…
, à News Tank, le 16/07/2026.
« La formation continue est un levier essentiel pour les entreprises artisanales. Le réseau des CMA
• Établissement public national fédérateur des chambres de métiers et de l’artisanat• Création : 2019 sous le nom « CMA » (anciennement Assemblée des Présidents des Chambres de Métiers de France…
complète l’offre des organisations professionnelles afin de permettre aux salariés de continuer à se former tout au long de leur vie professionnelle. Nos métiers évoluent en permanence, avec l’arrivée de nouveaux matériaux, de nouveaux produits, de nouvelles exigences réglementaires et de nouvelles technologies, comme la DAO, la CAO ou les machines à commande numérique. »
Concernant l’apprentissage, il estime que « dans le contexte économique actuel, il est indispensable de maintenir la confiance et l’engagement des entreprises artisanales. À ce titre, le maintien de l’aide de 5 000 euros pour les entreprises de moins de 250 salariés est déterminant : une baisse de ce soutien pourrait fragiliser leur implication dans l’accueil d’apprentis. »
« La baisse des crédits alloués aux Régions est une très mauvaise nouvelle. Après une forte baisse des financements en 2025, avec une réduction de plus de moitié des aides à l’investissement versées aux régions, l’enveloppe est de nouveau divisée par quatre en 2026. »
L’apprentissage a connu une forte dynamique ces dernières années, mais le marché semble entrer dans une phase de ralentissement. Quelle est votre analyse de la situation dans les entreprises artisanales ?
Depuis toujours, nous formons avec exigence, en proximité et avec un souci de qualité, en préparant avant tout à des métiers. L’apprentissage repose sur un équilibre essentiel entre le CFA Centre de formation d’apprentis , le jeune et l’entreprise.
Dans le contexte économique actuel, il est indispensable de maintenir la confiance et l’engagement des entreprises artisanales. À ce titre, le maintien de l’aide de 5 000 euros pour les entreprises de moins de 250 salariés est déterminant : une baisse de ce soutien pourrait fragiliser leur implication dans l’accueil d’apprentis.
Je le répète : il y a urgence à préserver cet outil majeur qu’est l’apprentissage, en particulier dans l’artisanat. Avec la dynamique engagée depuis la loi de 2018, nous devons maintenir un accompagnement financier à la hauteur pour permettre aux entreprises de poursuivre leur engagement.
La baisse des financements dédiés à l’apprentissage, notamment des crédits alloués aux Régions, vous inquiète-t-elle ? Quels impacts anticipez-vous pour les CFA du réseau des CMA Chambre des métiers et de l’artisanat ?
C’est une très mauvaise nouvelle. Après une forte baisse des financements en 2025, avec une réduction de plus de moitié des aides à l’investissement versées aux régions, l’enveloppe est de nouveau divisée par quatre en 2026.
Cette décision va limiter la capacité des régions à soutenir les CFA, dont ceux du réseau des CMA. Or, ces financements sont essentiels pour entretenir les bâtiments, renouveler les équipements et développer des plateaux techniques adaptés aux évolutions des métiers ou compléter les NPEC Niveaux de prise en charge notamment pour les sections à faibles effectifs. Sans ces investissements, nos établissements risquent de perdre en attractivité et en qualité.
Cette baisse fragilise le maillage territorial des CMA.Cette baisse fragilise également le maillage territorial des CMA. Nous sommes l’un des rares réseaux à proposer des formations au plus près des entreprises et des jeunes sur l’ensemble du territoire. Il est indispensable de préserver cette dynamique en donnant aux régions les moyens de continuer à investir dans nos CFA.
Quid de l’aide au premier équipement ?
Nous nous sommes fortement mobilisés sur l’aide au premier équipement des apprentis. Le projet initial prévoyait de la faire passer de 500 à 200 euros, ce qui aurait constitué un signal très négatif.
La ministre chargée de la Formation professionnelle, Sabrina Roubache, a finalement annoncé une modification du dispositif : l’aide sera maintenue à 500 euros pour les apprentis préparant un diplôme de niveaux 3 et 4. C’est une excellente nouvelle. Cette décision conforte l’apprentissage dans les métiers de l’artisanat et préserve un soutien essentiel pour les jeunes qui entrent en formation.
Comment renforcer l’attractivité des métiers de l’artisanat auprès des jeunes, alors que certaines filières rencontrent encore des difficultés de recrutement ?
Nous devons mieux faire connaître les métiers de l’artisanat. Notre secteur compte près de 250 métiers, parfois méconnus, alors même que les besoins en recrutement restent très importants. Il faut permettre aux jeunes de découvrir les entreprises, les savoir-faire et les perspectives qu’offrent ces professions.
L’apprentissage est une véritable voie d’insertion : près de 80 % des jeunes trouvent un emploi six mois après l’obtention de leur diplôme. Nous devons davantage communiquer sur ces débouchés et ouvrir les portes de nos CFA, notamment lors des journées portes ouvertes organisées en janvier et en mars, pour permettre aux collégiens, lycéens et à leurs familles de découvrir nos formations.
Il faut changer le regard porté sur les premiers niveaux de qualificationIl faut aussi changer le regard porté sur les premiers niveaux de qualification. Les formations de niveaux 3 et 4 constituent une porte d’entrée vers des parcours plus longs et offrent de réelles perspectives d’évolution, jusqu’à la création, la reprise ou la transmission d’une entreprise. C’est un véritable ascenseur social.
Cet enjeu est d’autant plus important que près de 300 000 entreprises artisanales devront être transmises dans les prochaines années. Attirer des jeunes, mais aussi des personnes en reconversion, est indispensable pour assurer l’avenir de ces métiers et préserver ce savoir-faire.
Au-delà de l’apprentissage, quels sont aujourd’hui les principaux besoins de formation des entreprises artisanales ?
La formation continue est un levier essentiel pour les entreprises artisanales. Le réseau des CMA complète l’offre des organisations professionnelles afin de permettre aux salariés de continuer à se former tout au long de leur vie professionnelle.
Nos métiers évoluent en permanence, avec l’arrivée de nouveaux matériaux, de nouveaux produits, de nouvelles exigences réglementaires et de nouvelles technologies, comme la DAO Dessin assisté par ordinateur , la CAO Conception assistée par ordinateur ou les machines à commande numérique. Même dans les métiers de l’alimentation, les pratiques changent pour répondre aux exigences de qualité et de sécurité sanitaire. C’est pourquoi nous devons proposer une offre de formation continue adaptée, afin d’accompagner les salariés et les entreprises face à ces évolutions.
Comment accompagner les artisans et leurs salariés face aux transformations liées au numérique, à l’intelligence artificielle ou aux transitions écologique et énergétique ?
La transition écologique est devenue un enjeu majeur pour les entreprises artisanales, notamment depuis la crise énergétique. Nous accompagnons les artisans en réalisant des diagnostics pour identifier les leviers de réduction de leur consommation d’énergie, puis nous les orientons vers les dispositifs d’accompagnement, notamment ceux de l’Ademe, afin de les aider à investir dans des équipements plus performants. Cette démarche a particulièrement bénéficié aux secteurs les plus touchés, comme l’alimentaire ou l’automobile.
L’intelligence artificielle constitue une opportunité.L’intelligence artificielle constitue également une opportunité. Nous proposons des formations pour aider les artisans à s’approprier ces outils et à simplifier certaines tâches du quotidien. Comme lors de l’arrivée du numérique, il faut accompagner cette évolution plutôt que la subir.
En revanche, j’en suis convaincu : l'IA Intelligence artificielle ne remplacera jamais le geste de l’artisan. Elle doit rester un outil au service des professionnels, capable de les assister dans certaines tâches, mais jamais de se substituer à leur savoir-faire.
CMA France défend l’instauration d’un « passeport pour entreprendre ». Pourquoi cette mesure vous paraît-elle nécessaire et en quoi consisterait-elle concrètement ?
Le « passeport pour entreprendre » répond à un constat simple : les créateurs d’entreprise ont besoin d’un socle de connaissances avant de se lancer. Jusqu’en 2019, le stage préalable à l’installation était obligatoire. En cinq jours, il permettait d’acquérir les bases en gestion, fiscalité, droit social, assurances, obligations réglementaires ou encore en lecture d’un bilan et élaboration d’un prévisionnel. Ces compétences sont essentielles pour sécuriser un projet de création.
Depuis que cette formation n’est plus obligatoire, elle est beaucoup moins suivie. Nous constatons que de nombreux créateurs se lancent sans disposer de ces fondamentaux et rencontrent ensuite des difficultés qui peuvent mettre en péril l’entreprise, voire les mener parfois jusqu’à la liquidation, alors que cela aurait pu être évité.
Alors que notre pays fait face a un nombre record de défaillances, nous proposons la création d’un « passeport pour entreprendre » : une formation préalable, de trois jours, que nous souhaitons rendre obligatoire. L’objectif est de donner à chaque créateur les clés pour entreprendre en toute connaissance de cause et améliorer durablement les chances de réussite de son entreprise.
Joël Fourny
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Fiche n° 39799, créée le 23/06/2020 à 17:02 - MàJ le 16/07/2026 à 11:43
CMA France (CMA)
• Établissement public national fédérateur des chambres de métiers et de l’artisanat
• Création : 2019 sous le nom « CMA » (anciennement Assemblée des Présidents des Chambres de Métiers de France, APCMF)
• Mission : agir pour que la place de l’artisanat soit reconnue à part entière dans l’économie, au niveau national et européen et que les intérêts des entreprises artisanales soient pris en compte dans les programmes de développement, les lois et réglementations et bénéficient d’évolutions favorables à leur développement
• Chiffres clés :
- 11 000 experts
- 2 500 élus
- 112 000 apprentis en formation
• Président : Joël Fourny
• Contact : Marie Respingue, chargée de mission relations presse
• Tél. : 07 45 08 48 53
Catégorie : CCI / Chambres de Métiers
Adresse du siège
12 Avenue Marceau75008 Paris France
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Fiche n° 6190, créée le 27/12/2017 à 14:07 - MàJ le 16/07/2026 à 11:44

