Apprentissage : « L’employabilité des jeunes doit rester notre priorité » (Sabrina Agresti-Roubache)

News Tank RH - Paris - Interview n°446942 - Publié le
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« L’employabilité des jeunes reste la priorité. Nous devons financer des formations qui permettent aux jeunes de trouver rapidement un emploi », déclare Sabrina Agresti-Roubache, ministre déléguée auprès du ministre du Travail et des Solidarités et du ministre de l’Éducation nationale, chargée de l’Enseignement, et de la Formation professionnels et de l’Apprentissage à News Tank RH dans le cadre d’une visite sur le campus parisien de l’Efrei • Grande école du numérique labellisée CTI, reconnu d’intérêt public par l’État (EESPIG). Depuis janvier 2022, l’Efrei a intégré Paris Panthéon-Assas Université en tant qu’établissement… le 01/07/2026.

« Nous avons décidé de maintenir l’aide à 500 € pour les niveaux CAP et bac professionnel. Pour les BTS, elle est ramenée à 300 €, car ces jeunes disposent souvent déjà du matériel acquis lors de leur parcours précédent. En revanche, pour les niveaux licence et master, nous avons fixé cette aide à zéro, car d’autres dispositifs existent pour financer les équipements nécessaires. »

« Nous renforçons le référentiel Qualiopi. Dès le mois de septembre 2026, les exigences seront plus importantes. Nous demanderons notamment davantage de justificatifs, comme les extraits Kbis, des contrôles seront réalisés avec l’Urssaf et nous pourrons effectuer des contrôles anonymes afin de détecter plus facilement les fraudes. »


Pourquoi avoir maintenu l’aide aux premiers équipements pour certains apprentis ?

Lorsque j’ai été nommée, un décret prévoyant la suppression pure et simple de l’aide aux premiers équipements était déjà prêt. Cette aide de 500 € est versée aux CFA pour financer les premiers équipements des apprentis.

J’ai décidé de bloquer ce décret pour deux raisons :

  • parce que cette suppression était d’une injustice absolue ;
  • parce qu’il fallait se concerter avant de prendre une décision qui concerne directement les jeunes en formation.

Cette aide bénéficie notamment aux apprentis en CAP, aux jeunes qui se forment aux métiers du bâtiment, de la boulangerie, de la boucherie et à tous ceux qui ont besoin de matériel pour exercer leur futur métier. Nous savons que ces jeunes viennent souvent de milieux modestes. Si, en plus, on leur retire une aide qui permet à leurs parents de ne pas financer ces 500 € d’équipement, cela devient profondément injuste.

Je suis favorable à une gestion rigoureuse de l’argent public. Il faut savoir moduler, réorganiser et ajuster les dispositifs lorsque c’est nécessaire.

Nous avons donc consulté les opérateurs de compétences, qui ont eux-mêmes consulté les branches professionnelles, afin d’identifier les besoins réels. Nous avons décidé de maintenir l’aide à 500 € pour les niveaux CAP et bac professionnel. Pour les BTS, elle est ramenée à 300 €, car ces jeunes disposent souvent déjà du matériel acquis lors de leur parcours précédent. En revanche, pour les niveaux licence et master, nous avons fixé cette aide à zéro, car d’autres dispositifs existent pour financer les équipements nécessaires.


Supprimer l’aide aux niveaux licence et master ne créera-t-il pas d’inégalités ?

Les apprentis de niveau licence, master ou école d’ingénieur travaillent déjà au sein d’entreprises qui sont capables de fournir le matériel nécessaire lorsqu’il est indispensable.

Ces jeunes ont déjà suivi un premier parcours de formation, ils sont plus autonomes et disposent d’autres leviers de financement. Mon objectif était avant tout de préserver les publics les plus fragiles, ceux qui ont le moins de moyens pour financer leurs premiers équipements.

Il n’y aura pas de casse. J’aurais préféré ne pas supprimer cette aide, mais il fallait faire des choix et protéger en priorité les niveaux les plus exposés.


Comment prévenir les difficultés des CFA avant qu’ils ne ferment ?

Nous avons mis en place une veille afin d’anticiper les difficultés des CFA au lieu d’intervenir uniquement lorsqu’ils sont déjà en situation d’échec.

L’objectif est de comprendre les causes des difficultés. Elles peuvent être liées à une mauvaise gestion, à des pratiques frauduleuses ou simplement à un modèle économique qui doit être repensé.

Lorsque la difficulté est structurelle, nous mobilisons la Banque publique d’investissement pour accompagner les restructurations et soutenir les éventuels repreneurs. C’est précisément son rôle.

Nous avons également organisé une cellule interministérielle qui permet d’anticiper les fermetures et de proposer immédiatement une solution aux jeunes concernés. Lorsqu’un CFA ferme, nous sommes en mesure de proposer une poursuite de formation dans le même secteur et, autant que possible, dans la même zone géographique. Les familles peuvent donc être rassurées : aucun jeune ne doit rester sans solution.


Comment renforcer la lutte contre les formations frauduleuses ?

Je souhaite mener une lutte impitoyable contre les CFA et les formations frauduleuses.

Nous renforçons donc le référentiel Qualiopi. Dès le mois de septembre 2026, les exigences seront plus importantes. Nous demanderons notamment davantage de justificatifs, comme les extraits Kbis, des contrôles seront réalisés avec l’Urssaf et nous pourrons effectuer des contrôles anonymes afin de détecter plus facilement les fraudes.

Il est temps d’en finir avec les formations qui ne servent à rien et qui n’existent que pour profiter d’effets d’aubaine.

J’attends également les conclusions de la Cour des comptes sur la fraude dans le secteur de la formation. Renforcer Qualiopi permettra naturellement d’assainir le paysage et de concentrer les financements sur les formations qui conduisent réellement à l’emploi.

L’employabilité des jeunes reste la priorité. Nous devons financer des formations qui permettent aux jeunes de trouver rapidement un emploi.


Quels sont les enjeux de la formation à l’intelligence artificielle ?

Nous réussirons la révolution de l’intelligence artificielle uniquement si nous développons les compétences nécessaires. La véritable question est celle de la formation aux compétences liées à l’IA.

Les jeunes ont grandi avec les outils numériques. En revanche, il ne faut pas que l’intelligence artificielle devienne maîtresse de leur destin.

L’IA est une aide à la décision, un outil capable de réduire les tâches pénibles ou répétitives. Mais elle ne remplacera jamais l’intelligence humaine, le contact avec les autres, la morale ou la relation avec un client.

La formation à l’IA ne consiste pas à apprendre aux jeunes à utiliser des outils qu’ils maîtrisent déjà. Elle consiste à leur expliquer ce qu’est réellement l’intelligence artificielle, comment elle peut être utile dans leur vie professionnelle et comment ils peuvent rester maîtres de son utilisation.

Nous devons former des citoyens capables d’utiliser ces outils au bénéfice de la société, sans jamais laisser l’outil prendre le dessus sur l’humain.


Comment préparer les compétences nécessaires aux métiers de l’IA ?

Nous avons déjà commencé à adapter les formations.

Des filières comme le bac professionnel CIEL, consacré notamment à la cybersécurité, répondent déjà aux besoins des entreprises.

L’enjeu est de créer des parcours de formation, du CAP jusqu’au BTS puis aux études supérieures, qui correspondent aux besoins réels des entreprises dans le domaine de l’intelligence artificielle.

Le monde économique n’a pas attendu les pouvoirs publics pour évoluer. Notre responsabilité est d’accompagner cette transformation en développant les compétences dont les entreprises auront besoin demain.

Sabrina Roubache


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Parcours

Ministères du Travail et des Solidarités et de l’Éducation nationale
Ministre déléguée chargée de l’enseignement et de la formation professionnels et de l’apprentissage
Région Sud (Région Paca)
Conseillère régionale chargée de la lutte contre les violences faites aux femmes et contre le harcèlement scolaire
Ministère de l’Intérieur et des Outre-mer et Ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires
Secrétaire d’État chargée de la Ville et de la Citoyenneté
Ministère de l’Intérieur
Secrétaire d’État chargée de la Ville
Assemblée nationale
Députée de la 1ère circonscription des Bouches-du-Rhône
SASU La pomme bar
Associée-gérante
Gurkin Invest films
Productrice TV
Seconde Vague Productions
Productrice
Seconde Vague Productions
Productrice
Gurkin production
Productrice de films
Comic Strip Production
Directrice de production
Euro4 International
Manager - organisation d’évènements sportifs à Casablanca (Maroc) sous l’égide de la FIFA

Fiche n° 55979, créée le 26/02/2026 à 19:09 - MàJ le 09/07/2026 à 09:14

Efrei (Grande école d’ingénieurs et d’experts du numérique)

• Grande école du numérique labellisée CTI, reconnu d’intérêt public par l'État (EESPIG). Depuis janvier 2022, l’Efrei a intégré Paris Panthéon-Assas Université en tant qu’établissement composante
Création : 1936
Cursus  : L’Efrei propose trois types de cursus :
- Programmes Grande École d’Ingénieurs (5 Prépas intégrées, 1 Cycle ingénieur, 14 Majeures de spécialisation couvrant tous les domaines du numérique),
- Programmes Experts du Numérique (BTS, Bachelors, Licences, Masters alliant des expertises techniques, marketing, communication digitale ou e-business),
- E³ Efrei Executive Education, programmes de formation continue dédiés aux particuliers et aux entreprises.
Implantations : Paris et Bordeaux
Effectif étudiant  : 5 000 (2024) ; plus de 15.500 alumni actifs en France et à l’international
Directeur général  : Frédéric Meunier
Secrétaire générale : Sylvie Gicquel
Contact : Caroline Bisson (Efrei), Laurène Martin
Tél. : 07 85 69 93 82 (Laurène Martin)


Catégorie : Organismes de Formation


Adresse du siège

30-32 Avenue de la République
94800 Villejuif France


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Fiche n° 10483, créée le 02/10/2020 à 16:35 - MàJ le 02/07/2026 à 12:44

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