Abaissement de l’aide au premier équipement : « Le projet de décret est bloqué » (Yves Hinnekint)

News Tank RH - Paris - Interview n°440360 - Publié le
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« Sabrina Roubache Ministre déléguée chargée de l’enseignement et de la formation professionnels et de l’apprentissage @ Ministères du Travail et des Solidarités et de l’Éducation nationale
, la ministre déléguée chargée de l’Enseignement, et de la Formation professionnels et de l’Apprentissage, a annoncé le 04/05/2026 avoir bloqué le projet de décret abaissant à 200 euros l’aide au premier équipement des apprentis, ce qui constitue une bonne chose », déclare Yves Hinnekint Président @ Les Acteurs de la Compétence • Président @ Walt association (communauté de CFA et d’acteurs de l’alternance)
, président de la fédération Les Acteurs de la Compétence • Fédération représentant plus de 1 350 adhérents, dont plus de 800 entreprises de formation. Également ouverte aux cabinets de conseil et accompagnement, aux éditeurs de contenus, aux… , à News Tank le 07/05/2026.

« Cela montre que les arguments des Acteurs de la compétence ont été entendus par une ministre attentive aux enjeux de la jeunesse. »

« Ramener cette prime d’équipement de 500 à 200 euros est une aberration pour un certain nombre de jeunes. Sans cette aide, certains, dans plusieurs métiers, n’auront tout simplement pas les moyens de financer les outils indispensables : ordinateur, mallette, équipements professionnels, voire le matériel spécifique à leur activité. Pour beaucoup, il s’agit d’un investissement nécessaire. Dès lors, si la prime ne permet plus de le couvrir et qu’elle est réduite de plus de moitié, l’impact sera inévitable : soit sur leur pouvoir d’achat, soit, pour certains, sur leur capacité même à entrer en apprentissage. »


Où en sont les discussions concernant le projet de décret abaissant à 200 euros l’aide au premier équipement des apprentis ?

Sabrina Roubache, la ministre chargée de l’Enseignement, et de la Formation professionnels et de l’Apprentissage, a annoncé le 04/05/2026 avoir bloqué ce décret, ce qui constitue une bonne chose. Cela montre que les arguments des Acteurs de la compétence ont été entendus par une ministre attentive aux enjeux de la jeunesse.

Des échanges ont eu lieu avec ses services, et cette décision traduit une prise en compte des alertes formulées sur un dispositif jugé important pour le soutien à l’apprentissage.

Avez-vous été consultés en amont de ce projet de décret ?

Pas du tout. Le sujet a été évoqué et nous nous sommes mobilisés très rapidement, en particulier depuis la nomination de la ministre Sabrina Roubache.

Quelles seraient les conséquences pour les apprentis ?

Ramener cette prime d’équipement de 500 à 200 euros est une aberration pour un certain nombre de jeunes. Sans cette aide, certains, dans plusieurs métiers, n’auront tout simplement pas les moyens de financer les outils indispensables : ordinateur, mallette, équipements professionnels, voire le matériel spécifique à leur activité.

Une question se pose : quel projet de société construit-on pour la jeunesse en France ?

Pour beaucoup, il s’agit d’un investissement nécessaire. Dès lors, si la prime ne permet plus de le couvrir et qu’elle est réduite de plus de moitié, l’impact sera inévitable : soit sur leur pouvoir d’achat, soit, pour certains, sur leur capacité même à entrer en apprentissage.

Aujourd’hui, une question se pose : quel projet de société construit-on pour la jeunesse en France ? Les économies sur l’apprentissage et la formation professionnelle ont déjà été réalisées, et continuent de l’être. Il faut dire stop.

Existe-t-il un risque de baisse des entrées en apprentissage à court terme ?

Le risque d’une baisse du nombre d’entrées en apprentissage est désormais avéré : sur le dernier exercice, elle atteignait déjà 5 %. Aujourd’hui, les indicateurs — notamment les retours des adhérents de la fédération — montrent que les rentrées de septembre prochain s’annoncent beaucoup plus compliquées, c’est-à-dire que le nombre d’alternants et d’apprentis va encore baisser.

Nous devrions bientôt passer d’environ 900 000 apprentis à 700 000. Cela reste, en soi, un niveau élevé. Mais avec un peu de recul, une question essentielle se pose : que vont devenir ces 200 000 jeunes en moins dans l’apprentissage ? Je n’ai pas la réponse.

Les CFA Centre de formation d’apprentis pourront-ils absorber ce transfert de coût ?

Les CFA ont déjà subi, dans certains cas, des baisses de 10 à 40 % de leurs niveaux de prise en charge au cours des trois dernières années. Dans ces conditions, ils n’ont plus la capacité d’absorber, en plus, l’investissement nécessaire à l’équipement des jeunes.

Des difficultés accrues pour certains jeunes à s’équiper correctement

Or, cette aide avait été pensée à l’origine pour soutenir l’apprentissage, avec un cofinancement des Opco Opérateur de compétences , afin de lever les freins matériels à l’entrée en formation. Si l’idée est désormais de la réduire pour des raisons budgétaires, il faudra en assumer les conséquences : une baisse potentielle du nombre d’entrées en apprentissage et des difficultés accrues pour certains jeunes à s’équiper correctement.

Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail et des Solidarités, a déclaré le 05/04/2026, invité par le Cercle Humania, qu’il n’était « pas question de revenir sur les réductions du financement de l’apprentissage »…

La fédération considère cela comme très inquiétant. On est de nouveau dans une mécanique de révision des niveaux de prise en charge, avec, pour certains CFA, des baisses constatées de plus de 10, 15, 20, voire 30 % dans certains cas. Ces anomalies ne sont d’ailleurs pas encore toutes traitées.

À cela s’ajoute un changement potentiel de niveaux de prise en charge en cours d’exercice, avec une application envisagée à compter du 01/10/2026, et toujours la même logique comptable fondée sur des données en N-2. Or, dans les faits, la réalité des coûts n’est plus la même : les dépenses énergétiques, notamment pour des CFA équipés de plateaux techniques, n’ont plus rien à voir avec celles d’il y a deux ans.

La question de la vision pédagogique pour la jeunesse en France reste, elle, entière

Il existe donc un décalage persistant entre les données comptables remontées, la manière dont elles sont consolidées, et la réalité vécue par les CFA et les écoles, avec en plus des interrogations sur la fiabilité des remontées de coûts.

Entendre le ministre du Travail et des Solidarités évoquer une approche uniquement guidée par les contraintes budgétaires peut s’entendre sur le plan des finances publiques. En revanche, la question de la vision pédagogique pour la jeunesse en France reste, elle, entière.

Yves Hinnekint


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Parcours

Walt association (communauté de CFA et d’acteurs de l’alternance)
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Président
Talis Business School
Directeur général
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Directeur général
Opcalia
Directeur général
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Directeur général
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Chargé de mission auprès du directeur général
FAFSEA
Directeur régional Martinique
FAFSEA IDF
Directeur régional
Cabinet Bascoulergue
Expert en assurance vol et incendie
Mission Française de Coopération et d’Action culturelle en Guinée Bissau
Conseiller financier auprès du chef du MCAC
CGM/CGS
Directeur administratif et financier

Établissement & diplôme

ISC Paris
Diplôme Audit finances

Fiche n° 25189, créée le 30/08/2017 à 18:04 - MàJ le 07/05/2026 à 10:44

Les Acteurs de la Compétence

Fédération représentant plus de 1 350 adhérents, dont plus de 800 entreprises de formation. Également ouverte aux cabinets de conseil et accompagnement, aux éditeurs de contenus, aux certificateurs, aux créateurs de solutions pédagogiques numériques et aux plateformes.
Création  : 1991
Missions  :
- défendre et promouvoir une filière d’excellence du développement des compétences ;
- participer au dialogue social de la branche des organismes de formation ;
- améliorer l’accès au développement des compétences pour tous, notamment par la publication de guides
14 délégations régionales
• Membre du Medef, de la Fédération Syntec et de la CPME
Président  : Yves Hinnekint (élu le 17/04/2026)
Déléguée générale  : Claire Khecha
Contact presse :
- Naïs Laurandel / Tél. : 01 44 30 49 49
- François Coën / Tél. : 06 20 53 27 74


Catégorie : Syndicats Patronaux


Adresse du siège

22 Rue Joubert
75009 Paris France


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Fiche n° 5846, créée le 26/09/2017 à 14:09 - MàJ le 07/05/2026 à 10:45

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