RSE : « Les entreprises de formation font face à une multiplication de critères » (Acteurs de la Compétence)
« Les entreprises de formation font face à une multiplication de critères RSE
Responsabilité sociétale et environnementale
, tant dans les achats publics que privés, souvent hétérogènes et peu harmonisés. Cela a conduit au lancement de travaux pour mieux identifier ces attentes et objectiver cette tendance. Nous avons souhaité en restituer les enseignements lors d’un événement, favoriser les échanges entre entreprises de formation et donneurs d’ordres — collectivités, DRH — afin de créer une véritable plateforme de dialogue », déclare Dominique Vignot
Fondatrice et directrice générale @ FAB21 Formation
, présidente de la commission RSE de la fédération Les Acteurs de la compétence
• Fédération représentant plus de 1 350 adhérents, dont plus de 800 entreprises de formation. Également ouverte aux cabinets de conseil et accompagnement, aux éditeurs de contenus, aux…
, à News Tank le 07/04/2026.
Les Acteurs de Compétence ont organisé le 27/03/2026 un débat autour de la RSE.
« Cette dynamique s’inscrit dans la volonté de créer un club RSE, destiné notamment à organiser des rencontres régulières pour co-construire des critères plus lisibles, notamment dans les appels d’offres. »
« La RSE ne constitue pas, à elle seule, un facteur décisif pour remporter un marché. Elle permet avant tout aux entreprises de répondre aux attentes, de valoriser leurs engagements et de démontrer concrètement leurs actions. »
« Les retours que nous avons eus mettent en évidence une forte hétérogénéité des exigences, aussi bien du côté des acheteurs publics que privés, avec des critères parfois déconnectés des réalités du terrain. La dynamique récente est clairement sur les critères liés à l’environnement. Certains acheteurs abordent la formation comme un achat standard, avec des critères peu adaptés aux spécificités du secteur », déclare de son côté Sébastien Guimier
Responsable partenariats économiques et développement @ Les Acteurs de la Compétence
, responsable partenariats économiques et du développement chez les Acteurs de la Compétence.
« Notre filière a une particularité : elle est par essence au cœur de la RSE. Les démarches sociales et sociétales font partie de son ADN. En revanche, sur la dimension environnementale, la dynamique est plus récente. Certaines structures sont en avance, mais pour les plus petites, le manque de ressources humaines et financières restent un frein. Par exemple, réaliser un bilan carbone nécessite souvent de recourir à un prestataire externe, ce qui engendre des coûts supplémentaires, tout comme la mise en place d’un plan de décarbonation. En période de crise, comme le connaît le secteur actuellement, chaque coût est réétudié. »
Les Acteurs de la Compétence ont organisé un débat autour de la RSE le 27/03/2026. Quel était l’objectif ?
Dominique Vignot : Lors de cette séquence, nous étions centrés sur les achats responsables et plus particulièrement les critères RSE d’achat de formation, un sujet pris en main par la commission RSE de la fédération qui a été créée en 2023.
Les entreprises de formation font face à une multiplication de critères RSE, tant dans les achats publics que privés, souvent hétérogènes et peu harmonisés. Cela a conduit au lancement de travaux pour mieux identifier ces attentes et objectiver cette tendance.
Nous avons souhaité en restituer les enseignements lors de cet événement, favoriser les échanges entre entreprises de formation et donneurs d’ordres — collectivités, DRH Direction des ressources humaines - Directeur des ressources humaines - Directrice des ressources humaines — afin de créer une véritable plateforme de dialogue.
Cette dynamique s’inscrit dans la volonté de créer un club RSE, destiné notamment à organiser des rencontres régulières pour co-construire des critères plus lisibles, notamment dans les appels d’offres.
Aujourd’hui, une montée en maturité est engagée tant dans la filière que du côté des acheteurs, mais elle reste encore à structurer collectivement.
Sébastien Guimier : La fédération accompagne depuis plusieurs années la filière sur les enjeux de RSE, à travers différents dispositifs comme par exemple : un challenge bilan carbone, le programme Impact RSE, un outil d’autodiagnostic, ainsi que des ressources développées dans le cadre de l’EDEC Engagement de développement de l’emploi et des compétences (Engagement de Développement de l’Emploi et des Compétences) Trans’formation, dont une boîte à outils dédiée aux acteurs de la formation.
Un vade-mecum destiné aux TPE-PME de la filière sera publié prochainementCette nouvelle phase de travail répond à des remontées très concrètes du terrain. Les acteurs font face à une multiplication de critères RSE dans les appels d’offres d’achats, publics comme privés : bilan carbone, plans de décarbonation, labels ou notations, chartes, etc., mais aussi de nombreux éléments déclaratifs. L’ensemble reste encore assez hétérogène.
Les travaux menés visent donc à décrypter ces pratiques, avec notamment la publication prochaine d’un vade-mecum destiné aux TPE Très petite entreprise -PME petites et moyennes entreprises de la filière. L’objectif est de les aider à mieux comprendre et intégrer ces enjeux, à la fois dans leur stratégie RSE et dans leur offre de formation, en lien notamment avec les transformations liées à la transition écologique et aux enjeux de durabilité.
Peut-on dire que la RSE est en train de devenir un critère incontournable pour accéder au marché de formation ?
Dominique Vignot : La RSE ne constitue pas, à elle seule, un facteur décisif pour remporter un marché. Elle permet avant tout aux entreprises de répondre aux attentes, de valoriser leurs engagements et de démontrer concrètement leurs actions. En ce sens, elle est essentielle : elle conditionne l’accès au marché, elle permet « d’entrer dans la pièce ».
Mais si la RSE ne suffit pas à faire gagner un marché, elle peut en revanche clairement en faire perdre un. Ces derniers mois nous avons eu par exemple des retours d’adhérents indiquant que ces critères pouvaient peser jusqu’à 30 % de la note pour l’acheteur de formation.
Quelles attentes des acheteurs publics et privés émergent en matière de RSE aujourd’hui ?
Sébastien Guimier : C’est un sujet complexe. Les retours que nous avons eus mettent en évidence une forte hétérogénéité des exigences, aussi bien du côté des acheteurs publics que privés, avec des critères parfois déconnectés des réalités du terrain. La dynamique récente est clairement sur les critères liés à l’environnement.
Certains acheteurs abordent la formation comme un achat standard, avec des critères peu adaptés aux spécificités du secteur. On observe également une absence de diagnostic initial : par exemple des organismes de formation très avancés en matière de décarbonation peuvent être évalués au même niveau que d’autres beaucoup moins engagés, sans prise en compte du degré de maturité ou des efforts déjà réalisés.
Pour de nombreuses entreprises, l’achat de formation n’est pas considéré comme stratégiquePar ailleurs, il existe peu de contrôles a posteriori : beaucoup d’engagements déclaratifs sont demandés, mais rarement vérifiés. On note aussi une vision parfois réductrice de la RSE, souvent centrée sur les enjeux environnementaux, au détriment des enjeux sociaux, sociétaux ou de gouvernance.
Enfin, les acheteurs eux-mêmes sont encore en phase d’appropriation. Certains montent en compétence, mais avec des niveaux très inégaux, et s’interrogent aussi sur les critères les plus pertinents à utiliser.
Lors de notre événement, les échanges avec des représentants d’acheteurs publics, comme Anne Audouin, directrice Formation du conseil régional Centre-Val de Loire, et privés, comme Irène Scolan de Rydge Conseil, ont d’ailleurs montré qu’ils partagent ces questionnements. Au final, tout le monde progresse en maturité, mais la diversité des approches des acheteurs reste un vrai défi, notamment pour notre filière majoritairement composée de TPE et PME.
Dominique Vignot : Ce qui ressort, c’est que, pour de nombreuses entreprises, notamment parmi les grands donneurs d’ordre, l’achat de formation n’est pas considéré comme stratégique. Par conséquent, peu de critères spécifiques ont été mis en place.
Une attente forte existe donc : faire reconnaître des critères adaptés aux métiers de la formation et aider les acheteurs à comprendre et à mettre en œuvre ces critères spécifiques.
Les organismes de formation sont-ils prêts à intégrer ces exigences, notamment les petites structures ?
Dominique Vignot : Nous faisons face à un autre problème : le contexte économique actuel. Les entreprises sont prêtes à s’engager, mais adapter leur activité à ce contexte complexe tout en déployant une stratégie RSE est un vrai défi. Dans la plupart des cas, le choix se porte sur la priorité économique.
Nous faisons face à un autre problème : le contexte économique actuelIl est donc essentiel que nous les aidions à sortir de la crise, tout en leur montrant l’importance de structurer leur démarche RSE. Cela prendra peut-être plus de temps que prévu, mais nous devons rester mobilisés et les accompagner. Pour cela, nous développons de nouveaux outils, afin qu’ils puissent affirmer leurs engagements et se structurer progressivement en matière de RSE.
Sébastien Guimier : Notre filière a une particularité : elle est par essence au cœur de la RSE. Les démarches sociales et sociétales font partie de son ADN. En revanche, sur la dimension environnementale, la dynamique est plus récente. Certaines structures sont en avance, mais pour les plus petites, le manque de ressources humaines et financières restent un frein. Par exemple, réaliser un bilan carbone nécessite souvent de recourir à un prestataire externe, ce qui engendre des coûts supplémentaires, tout comme la mise en place d’un plan de décarbonation. En période de crise, comme le connaît le secteur actuellement, chaque coût est réétudié.
C’est pour répondre à ces enjeux que nous avons lancé le programme Impact RSE et que nous sommes engagés dans le cadre de la branche sur l’EDEC dont l’axe 1 est sur la RSE, afin d’aider les acteurs à structurer leur démarche, développer des process internes et communiquer sur leurs actions.
Précédemment, nous avions organisé une matinale sur la RSE pour nos adhérents, avec des ateliers pratiques sur la manière de structurer sa démarche. Beaucoup de TPE et PME mènent des actions liées à la RSE, mais sans forcément les formaliser ni les valoriser. C’est là qu’intervient le rôle de la fédération : accompagner, structurer et soutenir les entreprises dans leur démarche.
La prise en compte de la RSE peut-elle devenir un facteur de sélection déterminant face à la concurrence ?
Dominique Vignot : La RSE n’est pas un facteur déterminant pour gagner un marché, mais elle constitue un facteur de présélection important. Affirmer ses engagements et structurer ses critères RSE permet aux entreprises d’entrer dans les appels d’offres.
Cependant, la différence pour remporter le marché ne se joue pas là-dessus : ce qui est attendu des organismes de formation, ce sont des actions concrètes de formation, de l’accompagnement et du conseil pédagogique — le cœur de leur compétence. La RSE doit donc rester un socle commun, permettant d’accéder aux marchés et de participer à une concurrence saine, où les critères métiers et les critères RSE sont pris en compte de manière équilibrée.
Un autre point soulevé lors de cet événement concerne la diversité des référentiels.La RSE fonctionne surtout comme un premier filtre utile, mais elle n’a pas forcément d’effet différenciateur ensuite. Par exemple, un label bronze, argent ou or permet de passer une première étape, mais l’acheteur ne fait pas forcément la distinction entre ces niveaux.
Sébastien Guimier : Un autre point soulevé lors de cet événement concerne la diversité des référentiels. Une entreprise peut être labellisée Afnor Association française de normalisation - Groupe international, le groupe AFNOR conçoit et déploie des solutions fondées sur les normes volontaires, partout dans le monde. Engage RSE, alors que l’acheteur exige une notation EcoVadis. L’organisme de formation est dans ce cas clairement dans une démarche structurée et certifiée par un tiers mais cela ne « rentre pas dans la case » de l’acheteur qui a choisi un autre référentiel. Finalement cet OF organisme de formation a dû aussi passer cette notation EcoVadis.
Ces échanges montrent l’importance de renforcer le dialogue entre acheteurs et acteurs de la filière, afin de mieux aligner les critères et faciliter l’accès aux marchés.
Dominique Vignot : Un point souvent oublié, c’est que les premiers critères RSE existent déjà dans Qualiopi certification qualité des prestataires de formation , comme l’accessibilité. Qualiopi peut constituer déjà une première marche pour les organismes de formation.
Que signifie la RSE pour la fédération Les Acteurs de la Compétence ?
Dominique Vignot : La RSE représente pour la fédération et pour l’ensemble des acteurs de la compétence une valeur ajoutée stratégique : elle permet de mettre en avant le rôle sociétal de nos métiers. Et par métiers, on entend non seulement les entreprises de formation, mais aussi celles actives dans le conseil, l’ingénierie, etc. Nous sommes au cœur du développement des compétences, de la construction du monde de demain, et la fédération doit le faire savoir.
Dominique Vignot
Fondatrice et directrice générale @ FAB21 Formation
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Parcours
Fondatrice et directrice générale
Fiche n° 56224, créée le 07/04/2026 à 14:53 - MàJ le 07/04/2026 à 14:59
Sébastien Guimier
Responsable partenariats économiques et développement @ Les Acteurs de la Compétence
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Parcours
Responsable partenariats économiques et développement
Directeur de mission - en charge des relations avec les fédérations professionnelles
Directeur de mission - en charge des relations avec les territoires
Président
Chargé de mission senior - en charge des relations avec les adhérents
Chef de projet en gestion de crises
Chef de projet
Coordinateur du Conseil général des jeunes
Établissement & diplôme
Master, Diplomatie et négociations stratégiques
Master I, Droit international et européen
Licence, Droit
Fiche n° 56223, créée le 07/04/2026 à 14:42 - MàJ le 07/04/2026 à 15:01
Les Acteurs de la Compétence
• Fédération représentant plus de 1 350 adhérents, dont plus de 800 entreprises de formation. Également ouverte aux cabinets de conseil et accompagnement, aux éditeurs de contenus, aux certificateurs, aux créateurs de solutions pédagogiques numériques et aux plateformes.
• Création : 1991
• Missions :
- défendre et promouvoir une filière d’excellence du développement des compétences ;
- participer au dialogue social de la branche des organismes de formation ;
- améliorer l’accès au développement des compétences pour tous, notamment par la publication de guides
• 14 délégations régionales
• Membre du Medef, de la Fédération Syntec et de la CPME
• Président : Yves Hinnekint (élu le 17/04/2026)
• Déléguée générale : Claire Khecha
• Contact presse :
- Naïs Laurandel / Tél. : 01 44 30 49 49
- François Coën / Tél. : 06 20 53 27 74
Catégorie : Syndicats Patronaux
Adresse du siège
22 Rue Joubert75009 Paris France
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Fiche n° 5846, créée le 26/09/2017 à 14:09 - MàJ le 19/05/2026 à 10:00

