IA : « Ce n’est pas un effet de mode, mais une transformation de fond » (Bruno da Sola, Inetum)

News Tank RH - Paris - Interview n°428976 - Publié le
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« Nous croyons profondément au potentiel de l’intelligence artificielle. Ce n’est pas un effet de mode, mais une transformation de fond. Dans notre rôle de partenaire, il nous a paru essentiel de montrer l’exemple », déclare Bruno da Sola Chief Human Ressources Officer @ Inetum
, DRH groupe d’Inetum • Entreprise de services numériques (ESN)• Création : 1970• Missions : ingénierie, infogérance, conception et intégration de logiciels, conseil, solutions cloud• Effectif : 28 000 collaborateurs… , à News Tank le 03/02/2026.

« Nous accompagnons bien sûr nos clients dans l’identification et l’implémentation de cas d’usage pertinents de l’IA. Mais nous avons aussi fait le choix de l’introduire en interne, de manière progressive et mesurée, afin de démontrer concrètement les bénéfices qu’elle peut apporter à tous les niveaux de l’entreprise. Nous sommes convaincus qu’il ne sert à rien d’introduire de l’IA pour l’IA. La démarche doit partir des problématiques métiers : où se situent les irritants, les pertes d’efficacité, les tâches à faible valeur ajoutée ? C’est à partir de là que l’IA peut devenir utile. »

« Nous avons une vision résolument positive de l’IA. Nous y voyons un formidable accélérateur de possibilités professionnelles. Notre responsabilité, en tant qu’entreprise, est d’accompagner ces évolutions par la formation et par une conduite du changement claire, transparente et rassurante. La formation est au cœur de notre stratégie. L’IA est un levier majeur pour adapter en permanence les compétences de nos développeurs, testeurs, architectes et consultants aux nouveaux besoins du marché. »


Quels ont été les premiers cas d’usage de l’IA identifiés, notamment côté RH ?

Nous sommes une « people company ». Sur les trois à quatre dernières années, nous avons réalisé en moyenne 7500 recrutements par an. Il était donc naturel de s’interroger sur la manière dont l’IA pouvait améliorer l’efficacité de nos processus RH.

Utiliser l’IA pour réduire les tâches à faible valeur ajoutée

L’un des premiers pilotes a porté sur le recrutement. L’enjeu était clair : aider les recruteurs à traiter des volumes très importants de candidatures, sans passer un temps disproportionné sur des tâches de tri ou d’analyse administrative. L’objectif est double, gagner du temps et améliorer la qualité des décisions, tout en réduisant les biais potentiels liés à l’origine, au nom, au parcours ou à l’établissement de formation.

De manière plus globale, notre approche consiste à utiliser l’IA pour réduire les tâches à faible valeur ajoutée, afin que les équipes puissent se concentrer sur ce qui compte vraiment : l’échange, l’évaluation qualitative, l’accompagnement des candidats et des collaborateurs.

L’IA peut souvent être perçue comme une menace pour l’emploi. Quel est votre regard sur ce sujet ?

Nous avons une vision résolument positive de l’IA. Nous y voyons un formidable accélérateur de possibilités professionnelles. Certains métiers vont évoluer, c’est une réalité. Certains postes disparaîtront probablement à terme, comme cela a toujours été le cas lors des grandes ruptures technologiques. Mais tous les métiers sont concernés par des transformations, et tous peuvent être impactés positivement. L’enjeu est de permettre aux collaborateurs d’évoluer avec leur métier.

Tous les métiers sont concernés par des transformations

L’IA permet notamment d’accélérer la formation, le reskilling et le upskilling. Les plateformes de e-learning progressent très vite et offrent aujourd’hui des parcours de formation plus rapides, plus ciblés et plus efficaces. Pour des profils très spécialisés, l’IA ouvre aussi la possibilité d’élargir plus facilement leurs compétences et leurs trajectoires professionnelles.

Notre responsabilité, en tant qu’entreprise, est d’accompagner ces évolutions par la formation et par une conduite du changement claire, transparente et rassurante.

Comment avez-vous sécurisé les usages de l’IA, notamment sur les questions de données et de conformité ?

Très tôt, nous avons identifié les risques liés à la confidentialité des données et à la souveraineté. L’utilisation d’outils externes peut exposer les entreprises à des risques de fuite de données ou de non-conformité. En parallèle, nous avons mis en place un programme de formation et de certification à l’IA, qui intègre des dimensions juridiques, éthiques et de compliance.

À ce jour, plus de 15 000 collaborateurs du groupe ont été certifiés. Cette formation est d’ailleurs aujourd’hui proposée à nos clients, tant elle répond à un besoin largement partagé.

L’IA est-elle aujourd’hui une priorité RH pour Inetum ?

C’est clairement la priorité numéro un. En interne, parce que nous sommes un groupe international présent dans 19 pays et que nous avons besoin d’alignement, d’efficacité et de focalisation sur les sujets à forte valeur ajoutée. En externe, parce que nos clients attendent de nous que nous soyons au meilleur niveau technologique et que nous les aidions à rester compétitifs.

La formation est au cœur de cette stratégie. L’IA est un levier majeur pour adapter en permanence les compétences de nos développeurs, testeurs, architectes et consultants aux nouveaux besoins du marché.

L’inclusion des femmes dans la tech est un sujet central pour Inetum. Quels constats et quels leviers avez-vous identifiés ?

C’est un sujet qui nous tient particulièrement à cœur. D’un point de vue sociétal d’abord, mais aussi économique. Les filières scientifiques et numériques sont les métiers de demain, et il n’y a aucune raison que les femmes aient moins accès à ces opportunités.

Des freins culturels persistent encore très tôt dans les parcours scolaires

Aujourd’hui, les filles ont les mêmes capacités que les garçons dans les disciplines scientifiques. Pourtant, des freins culturels persistent encore très tôt dans les parcours scolaires. C’est là que nous devons agir.

Nous menons des actions à l’échelle globale, avec une politique diversité et inclusion commune à l’ensemble du groupe. En France, en Espagne, au Portugal ou en Afrique du Nord, nous avons noué de nombreux partenariats, notamment avec Les Décodeuses, Elles Bougent ou Femmes@Numérique.

Nous intervenons dans les collèges, lycées et écoles. Nous organisons des événements, des stages, du mentorat et des communautés internes pour accompagner les femmes vers des postes de management et de direction.

Disposez-vous d’indicateurs concrets pour mesurer l’impact de ces actions ?

Aujourd’hui, les femmes représentent plus de 27 % de nos effectifs au niveau global, avec des résultats très significatifs dans certains pays, comme la Tunisie où nous dépassons 54 %. Nous avons également fortement progressé au Maroc, avec plus de 50 % de femmes dans nos recrutements récents.

Nous avons quasiment supprimé les écarts de rémunération femmes-hommes et nous consacrons chaque année une enveloppe spécifique pour corriger les éventuels écarts résiduels. Les enquêtes internes montrent par ailleurs une perception très positive de nos actions en matière de diversité et d’inclusion.

« Inetum est l’un des leaders des services numériques dont la mission est d’accompagner ses clients dans leur transformation digitale. Nous intervenons sur la structuration des infrastructures numériques, sur l’intégration de solutions, notamment celles de nos partenaires, et sur le conseil, avec une ambition claire : être un véritable partenaire de transformation, et non un simple exécutant technologique.

Nous sommes aujourd’hui présents dans 19 pays, avec des implantations majeures en France, en Belgique, en Espagne et au Portugal, mais aussi en Europe de l’Est, en Afrique du Nord et en Amérique latine. Notre objectif est d’aider nos clients à gagner en efficacité, en rapidité et en performance, avec des transformations qui ont un impact réel sur leur activité. »

Bruno Da Sola


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Fiche n° 45978, créée le 05/05/2022 à 17:59 - MàJ le 03/02/2026 à 17:40

Inetum

• Entreprise de services numériques (ESN)
Création  : 1970
• Missions : ingénierie, infogérance, conception et intégration de logiciels, conseil, solutions cloud
Effectif  : 28 000 collaborateurs, dont 8500 en France
• Implantation
 : 19 pays
• Chiffre d’affaires : 2,4 Md€ (2024)
• PDG : Jacques Pommeraud
Chief People Officer Group : Bruno Da Sola
DRH zone Euromed (France, Luxembourg, Belgique, Maroc et Tunisie)  : Marie-Claude Chazot
• Contact : Emmanuel Adrey, relations presse
• Tél. : 01 44 04 50 00


Catégorie : Grandes Entreprises Privées


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5-7 rue Touzet Gaillard
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Fiche n° 8181, créée le 01/02/2019 à 17:44 - MàJ le 03/02/2026 à 17:36

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