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Uniformation : « 30 % de ses ressources sont constituées de fonds conventionnels » (présidence)

News Tank RH - Paris - Interview n°304719 - Publié le 08/11/2023 à 11:07
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David Cluzeau, Catherine Gatti, Olivier Phelip - ©  D.R.

« Lors de la signature de la COM Convention d’objectifs et de moyens , nous avons dit [à l'État] que les branches avaient pris leurs responsabilités. Nous avons réussi à limiter la baisse du budget de fonctionnement parce que les branches ont mobilisé leurs fonds conventionnels de manière assez importante. Nous avons recadré le budget mais pas sur nos missions fondamentales », déclare David Cluzeau Président @ Uniformation • Délégué général @ Synofdes • Délégué général @ Hexopée • Président @ Commission des affaires sociales de l’Udes
, vice-président (Hexopée • Organisation professionnelle représentative dans les champs Éclat (Animation), Sport, Tourisme social et familial (TSF) et Habitat et Logement accompagnés (HLA).• Adhérente de l’Udes• Cofondatrice… ) d’Uniformation • Uniformation, Opco de la Cohésion sociale • Missions : Intervenir sur des questions de formation, d’emploi et d’alternance auprès des petites et moyennes entreprises et des branches… le 08/11/2023, dans un entretien avec News Tank.

La présidente d’Uniformation Catherine Gatti Administratrice (CGT) @ Uniformation
(CGT Confédération Générale du Travail ), David Cluzeau et le directeur général Olivier Phelip Directeur général @ Uniformation
reviennent sur les conséquences de la signature tardive, le 20/09/2023,  de la nouvelle COM pour la période 2023-25. « Rien qui ne mette en péril le fonctionnement de l’Opco Opérateur de compétences  », selon David Cluzeau. C’est le financement « très spécifique » d’Uniformation (30 % de ses ressources sont constituées de fonds conventionnels) qui l’a préservé, indique Olivier Phelip.

Catherine Gatti, David Cluzeau et Olivier Phelip font un tour de l’actualité d’Uniformation pour News Tank.


Comme pour d’autres Opco, la COM d’Uniformation a été signée tardivement. Quelles en sont les conséquences pour l’activité de l’Opco en 2023 ?

Catherine Gatti. Nous avions commencé très tôt, en juin 2022 à travailler sur la COM et nous n’avons pu la signer qu’en septembre 2023 après de longs pourparlers sur les indicateurs et les frais de fonctionnement. Nous avions, par exemple, une ambition de croissance pour les contrats en alternance que l’on a été obligé de réduire d’un tiers (2,75 % en 2023 et 2,41 % en 2024).

Une croissance plus modérée de l’alternance »

Nous sommes toujours en croissance mais elle sera plus modérée en 2023, 2024 et 2025 car nous n’avons pas les moyens de développer tous les outils de communication dont nous aurions besoin pour faire la promotion de l’alternance auprès des structures comme des jeunes. Nos capacités budgétaires générales ont été amputées de près de 10 %.

David Cluzeau. Nous avons eu un temps de négociation extrêmement long avec des temps morts pendant lesquels on ne savait pas ce qu’on allait faire. La baisse globale de notre budget est la première mauvaise nouvelle, et la grande difficulté en 2023 c’est d’avoir eu nos autorisations budgétaires après 10 mois d’exécution budgétaire. Nous avions déjà lancé des actions, modifié des pratiques, engagé des transformations du SI Système d’information et du site internet à destination des structures adhérentes d’Uniformation et des jeunes notamment. Il n’est pas question d’arrêter ce qu’on a engagé.

Lors de la signature, nous avons dit que les branches avaient pris leurs responsabilités. Nous avons réussi à limiter la baisse du budget de fonctionnement parce que les branches ont mobilisé leurs fonds conventionnels de manière assez importante. Nous avons recadré le budget mais pas sur nos missions fondamentales. Rien qui ne mette en péril le fonctionnement de l’Opco.

Olivier Phelip. Le financement d’Uniformation est en effet très spécifique puisque les fonds conventionnels représentent 30 % des ressources de l’Opco. 

En décembre 2022, nous avions fait en sorte de présenter un budget de fonctionnement prudent au CA chiffre d’affaires , ne sachant pas comment nous allions commencer l’exercice 2023. Nous n’avons donc pas rencontré de difficultés majeures. Au cours des neuf premiers mois, nous n’avons renoncé à rien. Nous avons juste reporté certaines dépenses et certains recrutements, le temps d’avoir un niveau de certitude raisonnable.

Désormais, on connaît les règles du jeu, ce qui permet de dire, à quelques euros près, que le budget de fonctionnement tel qu’il a été voté en décembre 2022 sera pleinement exécuté sur l’année 2023, mais redéployé sur les différentes thématiques.

La formation des salariés en IAE Insertion par l’activité économique constitue l’un des axes prioritaires de la COM 23-25. Pouvez-vous préciser ?

Catherine Gatti. C’est en effet l’un de nos principaux axes d’intervention aux côtés des acteurs locaux de l’IAE. Uniformation est le premier acteur du PIC Plan d’investissement dans les compétences IAE. Il a reçu à ce titre une dotation de 60M€ en 2023, soit 61 % de l’enveloppe dédiée par l’État au PIC IAE.

David Cluzeau. Dans le PLF Projet de loi de finances  2024, plusieurs dispositions tendent à reconduire les mesures en faveur de l’IAE. Dans les attendus, le rôle des Opco étant souligné, nous espérons vivement qu’ils pourront continuer à gérer le PIC au profit des structures de l’IAE à partir du 01/01/2024.

Quels sont les autres axes de la COM ?

Catherine Gatti. La formation des salariés avec le développement de la certification pour tous les salariés en poste constitue une autre priorité de la COM. Elle s’inscrit dans la continuité de la précédente convention mais on la retrouve dans plusieurs indicateurs spécifiques à Uniformation dans la nouvelle COM.

Olivier Phelip. Nous voulons également continuer à investir beaucoup dans les territoires ultramarins. Dès 2019, nous avons milité pour être un opérateur présent sur ces territoires parce que les acteurs du lien social et de la cohésion y sont extrêmement présents. Uniformation a ainsi des équipes permanentes en Guyane, Martinique, Guadeloupe et à La Réunion.

Le développement de l’attractivité des métiers des branches adhérentes est-elle une priorité ?

David Cluzeau. Ce n’est pas une priorité de la COM en tant que telle mais de l’Opco. Nous avons créé en 2023 un groupe de travail paritaire spécifique sur ce thème qui rassemble toutes les branches d’Uniformation. Il s’est réuni trois fois et devrait amplifier ses travaux début 2024.

Olivier Phelip. Nous sommes en train de faire développer des modules de présentation des métiers en réalité virtuelle avec un certain nombre de prestataires. Ils devraient être livrés à partir de janvier 2024. Nous allons également encourager la présence massive de nos employeurs sur les salons. Ils sont en effet les mieux placés pour parler de leurs métiers et de leurs besoins. On essaie de multiplier les jobs dating sur ces salons.

Les instances paritaires d’Uniformation ont fait de l’attractivité une de leurs grandes préoccupations pour la période triennale qui court. Le budget que l’Opco y consacre en 2023 est d’un demi-million d’euros.

Pourriez-vous participer à la compétition mondiale des métiers WorldSkills ?

Olivier Phelip. C’est un évènement sur lequel historiquement nos branches n'étaient pas présentes car cette compétition est plutôt rattachée à la culture artisanale et industrielle. Mais nous nous rapprochons de l’organisation en vue de la prochaine compétition nationale des métiers qui aura lieu à Marseille en octobre 2025 pour étudier comment un certain nombre des métiers qui sont au cœur de notre activité pourraient être représentés, dans les secteurs de l’animation et de la petite enfance. Ce type de manifestations rejoint notre préoccupation de nous détacher des présentations passives des métiers auxquelles on assiste sur les salons. Là, on est sur une présentation active.

Etudier comment les métiers de l’animation pourraient être représentés à la compétition WorldSkills - ©  D.R.

Comment Uniformation incite-t-il ses adhérents à envoyer leurs salariés en formation ?

Olivier Phelip. Depuis presque un an, nous menons une action de communication particulière auprès des entreprises qui ne nous ont pas sollicités en trois ans. Nous allons vers elles avec des moyens un peu décalés comme des campagnes de publicité qui cassent les codes de la formation classique. C’est grâce aux fonds conventionnels (120M€  prévus en 2023) que nous pouvons accompagner financièrement les départs en formation que suscite cette opération.

Allez-vous redéployer différemment vos conseillers ?

David Cluzeau. Historiquement, nous avons une présence territoriale extrêmement forte partout dans le pays. Ce n’est pas la présence de nos conseillers qui est en cause aujourd’hui mais la nécessité d’acculturer à la formation des associations qui, pour l’essentiel sont de très petites associations. Nous devons les aider à mettre en place en leur sein un projet de formation ou de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences.

Pourquoi les petites associations n’ont-elles pas le réflexe formation ?

David Cluzeau. Une association de l'Éducation populaire, par exemple, est présidée par des bénévoles. Elle emploie peu de salariés. Ces bénévoles n’ont pas toujours d’appétence ou de compétence pour gérer les RH Ressources Humaines . C’est sur ce point que nous devons travailler. Par ailleurs, le turnover des bénévoles étant important, nous devons en permanence remettre l’ouvrage sur le métier pour solliciter ces associations. Elles n’ont pas de doute sur l’utilité de la formation, mais il faut les relancer de manière extrêmement régulière.

Olivier Phelip. J’ajouterai un autre point important : nous sommes dans des métiers de l’humain. Quand la personne est en formation, la question de son remplacement se pose, a fortiori lorsqu’il y a des tensions sur l’emploi. Notre rôle est d’accompagner la structure qui souhaite remplacer le salarié qui part en formation en prenant en charge, par exemple, sa rémunération.

Vous êtes-vous fixé un objectif d’entreprises à contacter ?

Catherine Gatti. Notre objectif est d’atteindre 90 % des entreprises en 2025, avec une progression d’environ 2 % par an.

Olivier Phelip. Nous partons d’un niveau assez haut parce que les fonds conventionnels nous permettent d’embarquer toutes les populations d’entreprise, quelle que soit la taille de l’entreprise (plus ou moins de 50 salariés). L’engagement des branches nous permet de les accompagner au plus près de leurs besoins.

Où en est l’Edec Engagement de développement des emplois et des compétences sur la transition écologique prévu sur la période 2023-25 et de quelle manière vos branches sont-elles impactées par cette transition ?

David Cluzeau. L’Edec sur la transition écologique impliquant l’Udes • L’Union des employeurs de l’ESS (Économie sociale et solidaire), représente 22 groupements et syndicats d’employeurs (associations, mutuelles, coopératives) actifs dans 16 branches et secteurs… est en cours. Du côté d’Uniformation, la mobilisation est forte pour sensibiliser les adhérents sur les enjeux liés au développement durable et les accompagner dans leurs projets d’adaptation à la transition écologique, conformément à la mission que la loi Climat et Résilience d’août 2021 a confiée aux Opco.

Aide à domicile : il est important de travailler sur la question des mobilités douces »

Les actions à mener sont multiples. Prenons l’exemple du secteur de l’aide à domicile qui génère de nombreux déplacements, il est important de travailler sur la question des mobilités douces. Dans le secteur de l’habitat social qui est hébergé par Uniformation, on voit aussi directement l’intérêt de démarches d’appropriation des enjeux environnementaux. Pareil, dans la branche Éclat (métiers de l'Éducation, de la Culture, des Loisirs et de l’Animation) qui organise des manifestations culturelles et de grands festivals, dans les ateliers et chantiers d’insertion, les ressourceries, les crèches, etc. Nous avons également beaucoup de métiers de la transmission comme les organismes de formation et tout le secteur de la protection de l’environnement.

En fait, nous n’avons pas beaucoup de métiers dits verts, concernés directement par la transition écologique, mais celle-ci traverse l’ensemble de nos branches, et nous allons regarder de près nos métiers verdissants.

Uniformation est partenaire de la branche de la Mutualité (CPNEFP Commission paritaire nationale de l’emploi et de la formation professionnelle ) représentée par l’ANEM Association nationale des employeurs de la mutualité , et de Transitions Pro Ile-de-France pour favoriser les transitions professionnelles. Allez-vous conclure d’autres conventions de ce type ?

David Cluzeau. Les transitions professionnelles sont au cœur de notre action. Ce sont les branches qui sont à l’initiative de ce type de convention. De tels partenariats sont intéressants car ils mobilisent des acteurs dans une synergie commune. C’est aussi une manière de lever les insuffisances de financement de la transition professionnelle par le réseau AT Pro Association Transitions professionnelles (ex-Fongecif) en mobilisant des moyens supplémentaires.

Olivier Phelip. Nous partageons globalement la réflexion que porte l'État sur la situation un peu insatisfaisante de l’accompagnement des transitions professionnelles. De nombreux outils sont à la disposition de nos concitoyens, mais ils sont parfois difficilement mobilisables et articulables entre eux.

David Cluzeau. Nous sommes devenus une nation de l’apprentissage. Nous, nous souhaitons promouvoir la nation de l’alternance et que soient mieux soutenus, à la fois le contrat de professionnalisation et le dispositif de promotion par l’alternance Pro A Dispositif de reconversion ou de promotion par l’alternance (a succédé à la période de professionnalisation) pour permettre la construction fluide et permanente de parcours professionnels. Nous étions de grands promoteurs de la Pro A et avant sa création, de grands utilisateurs de la période de professionnalisation. Dans nos secteurs, il n’y a pas beaucoup de formation initiale. On ne rentre pas toujours avec les diplômes requis. On les obtient en cours d’emploi. L’apprentissage résout une partie de la question, les contrats de professionnalisation aussi, mais la Pro A est un dispositif extrêmement utile pour nos salariés.

Vous dites que le FNE Fonds national de l’emploi -Formation oublie vos secteurs. Pouvez-vous préciser ?

Olivier Phelip. Dans les nouvelles priorités du FNE-Formation, la transition sociale et sociologique a été oubliée. Pourtant, elle demande un effort particulier de montée en compétences dans les secteurs de l’autonomie, du grand âge, de la petite enfance et de la jeunesse. Nous avons obtenu du FNE-Formation 3M€ pour 2023 car nous sommes concernés par les transitions écologique et numérique mais on peut regretter que l’orientation désormais donnée au FNE-Formation oublie cette transition impactante pour tous nos secteurs professionnels. La plupart du temps, les formations concernées sont longues et coûteuses. Une association de base a du mal à les mettre en place.

Malgré des relances insistantes de notre part, on a compris que nous n’aurions pas gain de cause sur le FNE-Formation. Mais il n’est pas impossible que d’autres vecteurs soient déployés par l'État dans les prochains mois. Et nous plaidons pour qu’Uniformation ait sa place dans ce cadre aux côtés de l’Opco Santé. Nous savons que l'État a bien conscience des priorités de nos secteurs. 

 

Uniformation

• Uniformation, Opco de la Cohésion sociale
• Missions : Intervenir sur des questions de formation, d’emploi et d’alternance auprès des petites et moyennes entreprises et des branches professionnelles.
• Champ : Cohésion sociale/Uniformation intervient auprès de 38 000 structures employant plus de 900 000 salariés (Acteurs du développement et de l’ingénierie territoriale d’intérêt général, Acteurs du lien social et familial, Aide à domicile, Métiers de l’Education, de la culture, des loisirs et de l’animation agissant pour l’utilité sociale et environnementale, au service des territoires, Ateliers et Chantiers d’insertion, Entreprises sociales pour l’habitat, Familles rurales, Habitat et logement accompagnés, Institutions de retraite complémentaire et Prévoyance, Missions locales et PAIO, Mutualité, Offices publics de l’habitat, Pôle emploi, Régies de quartier, Régime général de la Sécurité Sociale, Sociétés coopératives d’HLM, Tourisme social et familial, Unédic).
• Président : David Cluzeau (Hexopée)
• Vice-présidente : Natalia Jourdin (FO)
• Directeur général : Olivier Phelip
• Contact : Florence Bailleul, directrice de la communication et du marketing
• Tél. : 01 53 02 14 87 / 06 13 66 38 39


Catégorie : OPCA / OCTA


Adresse du siège

43, boulevard Diderot
75012 Paris France


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Fiche n° 5662, créée le 04/09/2017 à 18:20 - MàJ le 04/07/2024 à 19:07

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