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Rénovation énergétique : « Les besoins de recrutement sur ces métiers sont élevés » (Laure Vial, Capeb)

News Tank RH - Paris - Entretien n°435661 - Publié le
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Laure Vial (à gauche) et Florence Diesler (à droite) - ©  D.R.

« Les besoins de recrutement dans les métiers liés à la rénovation énergétique sont élevés. Ces tensions concernent l’ensemble des métiers des entreprises artisanales mobilisés dans ces travaux (isolation, chauffage, etc.) », déclare Laure Vial Secrétaire @ Constructys • Membre représentante des mutuelles, coopératives et chambres consulaires, désignée par CMA France @ Conseil économique, social et environnemental (Cese) • Conseillère… , cheffe de file formation de la Capeb • Syndicat patronal de l’artisanat du bâtiment• Création : 1946• Missions :- proposer aux entreprises de l’information, des conseils, des services ainsi que des outils de gestion- assurer la… , à News Tank le 02/04/2026.

« Le secteur fait face à des enjeux à la fois quantitatifs et qualitatifs. Composé majoritairement de TPE, souvent de moins de dix salariés, il repose fortement sur les compétences disponibles en interne, qui conditionnent directement l’activité et la capacité à lancer des chantiers. Les besoins portent donc sur une main-d’œuvre qualifiée, formée aux métiers et aux évolutions techniques, notamment liées aux nouveaux matériaux et aux exigences actuelles du bâtiment durable, de l’adaptation des logements aux besoins spécifiques de la population (vieillissement, handicap…). »

« Cette situation pose la question de la capacité à former, dans les territoires, à la fois des jeunes — principal vivier de recrutement — mais aussi des adultes en reconversion. Le secteur présente ainsi des besoins importants et durables en formation de futurs salariés. »

« L’apprentissage reste au cœur du modèle de la Capeb, considérée comme la voie d’excellence pour accéder aux métiers du bâtiment. En 2025, une baisse d’environ 5 % des contrats est observée, mais surtout une diminution plus marquée, proche de 10 %, des entrées en CAP, ce qui fragilise le vivier de futurs professionnels qualifiés. »

« L’attractivité constitue un enjeu central pour le secteur, qui compte déjà 60 000 apprentis dans les entreprises artisanales du bâtiment. Malgré une image parfois moins attractive, ces métiers offrent de réelles perspectives de carrière, notamment pour les jeunes. Pour y répondre, la Capeb mène des actions de promotion (campagnes, salons) et travaille étroitement avec les acteurs de l’orientation, par exemple l’Éducation nationale ou France Travail • Établissement public à caractère administratif chargé de l’emploi en France (a remplacé Pôle emploi le 01/01/2024)• Missions :- Accueillir et accompagner toutes les personnes - qu’elles soient ou… . Elle s’appuie également sur les initiatives de branche, notamment celles du CCCA-BTP, pour valoriser les métiers », déclare de son côté Florence Diesler
, directrice compétences et formation de la Capeb.


Les entreprises artisanales font-elles face à des difficultés de recrutement ?

Florence Diesler : Le secteur est aujourd’hui confronté à une situation conjoncturelle difficile, marquée par des tensions économiques qui freinent les recrutements et entraînent des pertes d’emploi.

Parallèlement, une tendance structurelle se dessine, avec des besoins importants et durables en main-d’œuvre qui risquent de ne pas être pourvus. Pour anticiper ces évolutions, la branche professionnelle et le CCCA-BTP Bâtiment et Travaux Publics ont développé des outils d’analyse prospective et ont mis en place des plans d’actions concertés propres à chaque territoire.

Laure Vial : Un focus particulier est fait sur les métiers liés à la rénovation énergétique, où les besoins de recrutement sont déjà identifiés comme élevés. Ces tensions concernent l’ensemble des métiers des entreprises artisanales mobilisés dans ces travaux (isolation, chauffage, etc.).

Le secteur fait face à des enjeux à la fois quantitatifs et qualitatifs. Composé majoritairement de TPE Très petite entreprise , souvent de moins de dix salariés, il repose fortement sur les compétences disponibles en interne, qui conditionnent directement l’activité et la capacité à lancer des chantiers.

Les besoins portent donc sur une main-d’œuvre qualifiée, formée aux métiers et aux évolutions techniques, notamment liées aux nouveaux matériaux et aux exigences actuelles du bâtiment durable, de l’adaptation des logements aux besoins spécifiques de la population (vieillissement, handicap…).

Cette situation pose la question de la capacité à former, dans les territoires, à la fois des jeunes — principal vivier de recrutement — mais aussi des adultes en reconversion. Le secteur présente ainsi des besoins importants et durables en formation de futurs salariés.

Quelles actions concrètes menez-vous pour améliorer l’attractivité des métiers auprès des jeunes et des demandeurs d’emploi ?

Florence Diesler : L’attractivité constitue un enjeu central pour le secteur, qui compte déjà 60 000 apprentis dans les entreprises artisanales du bâtiment. Malgré une image parfois moins attractive, ces métiers offrent de réelles perspectives de carrière, notamment pour les jeunes.

Pour y répondre, la Capeb mène des actions de promotion (campagnes, salons) et travaille étroitement avec les acteurs de l’orientation, par exemple l’Éducation nationale ou France Travail. Elle s’appuie également sur les initiatives de branche, notamment celles du CCCA-BTP Comité de concertation et de coordination de l’apprentissage du bâtiment et des travaux publics , pour valoriser les métiers.

Au-delà de l’image sectorielle, l’accent est mis sur les atouts spécifiques des entreprises artisanales : travail en proximité au sein de petites équipes, métiers concrets et porteurs de sens, contribution à la transition écologique, conditions d’emploi attractives (rémunération, protection sociale, formation et transmission des compétences), ancrage territorial, évolution de carrière vers la reprise ou création d’entreprise.

La Capeb mise fortement sur les événements, notamment les WorldSkills

Laure Vial : La Capeb mise fortement sur les événements, notamment les WorldSkills, pour renforcer l’attractivité des métiers. Présente sur les lieux de compétition, elle y organise des ateliers immersifs pour permettre aux jeunes de découvrir concrètement les métiers.

L’objectif est de favoriser une approche pratique, en proposant des réalisations originales — comme la construction d’une maison ou d’une structure emblématique — et des ateliers où les jeunes peuvent échanger avec des professionnels et manipuler directement les matériaux.

La Capeb travaille à renforcer l’accompagnement au recrutement, notamment via ses outils dédiés. Parmi eux, Arti Compétences vise à aider les chefs d’entreprise artisanale, qui ne disposent pas de service RH Ressources Humaines , dans leurs démarches de recrutement.

Quelle place occupe l’apprentissage au sein de la Capeb ? Observez-vous une baisse ces dernières années ?

Laure Vial : L’apprentissage reste au cœur du modèle de la Capeb, considérée comme la voie d’excellence pour accéder aux métiers du bâtiment. En 2025, une baisse d’environ 5 % des contrats est observée, mais surtout une diminution plus marquée, proche de 10 %, des entrées en CAP certificat d’aptitude professionnelle , ce qui fragilise le vivier de futurs professionnels qualifiés.

Or, avec près de 60 000 apprentis formés, les entreprises artisanales représentent la majorité des effectifs en apprentissage dans le secteur. Cette évolution suscite des inquiétudes, liées à la fois au contexte économique et aux incertitudes ayant entouré le système de l’apprentissage, qui ont pu freiner les employeurs.

Florence Diesler : Si le maintien des aides est salué, la Capeb rappelle qu’elles sont indispensables : dans les entreprises artisanales, l’apprentissage constitue un levier structurel de recrutement, essentiel au renouvellement des compétences.

La Capeb porte de longue date une revendication visant à accorder une attention particulière aux entreprises de moins de 50 salariés. Elle insiste sur la nécessité d’adapter les dispositifs de soutien à ces structures, pour lesquelles les aides sont déterminantes dans la décision de recruter des apprentis.

Quelles sont vos attentes concernant le financement de l’apprentissage dans les années à venir ?

Florence Diesler : Nous demandons que les aides financières aux entreprises de moins de 50 salariés formant des apprentis soient maintenues, voire renforcées, en reconnaissant l’investissement important en temps que cela représente pour les chefs d’entreprise. Il est essentiel de valoriser cet effort pour soutenir le système de l’apprentissage.

Nous insistons également sur l’importance d’une politique de branche active et sur le rôle central de notre Opco, Constructys • Opérateur de compétences de la construction• Contribue au développement de la formation professionnelle des salariés des branches : - du bâtiment - du négoce des matériaux de construction - des… , qui nous accompagne dans le choix, la formation et le financement des CFA Centre de formation d’apprentis , en assurant un service de proximité auprès des entreprises.

Il est essentiel que le financement des CFA soit suffisant

Enfin, il est primordial de garantir des formations de qualité dans les CFA, avec des moyens techniques adaptés et un encadrement permettant de former les apprentis dans de bonnes conditions, en contrôlant non seulement les dépenses mais surtout la qualité pédagogique et professionnelle des formations.

Laure Vial : Il est essentiel que le financement des CFA soit suffisant et corresponde à leurs charges réelles. Cela permet d’éviter que, pour les petites entreprises, la prise en charge d’un apprentissage soit conditionnée à un reste à charge. L’objectif est donc de garantir un zéro reste à charge pour les employeurs, tout en maintenant la qualité de la formation certifiée.

Comment les besoins en compétences évoluent dans l’artisanat du bâtiment aujourd’hui ?

Laure Vial : Nous constatons des évolutions réglementaires qui demandent beaucoup de temps de formation pour les salariés. Le renouvellement des compétences est principalement porté par la rénovation énergétique, qui impacte tous les métiers.

Concernant les enjeux de compétences sur la rénovation énergétique, nous nous appuyons notamment sur le programme Feebat, qui permet aux entreprises de se tenir à jour sur ces enjeux et d’adapter leurs compétences aux besoins du secteur. C’est selon nous un point central de l’évolution des besoins en compétences en matière de rénovation énergétique.

Florence Diesler : Dans une entreprise artisanale, la problématique principale reste l’accès aux marchés, surtout pour les petites entreprises qui rencontrent souvent des difficultés pour obtenir et réaliser les chantiers. La compétence est une condition essentielle pour pouvoir s’inscrire et exécuter un marché, et ces compétences évoluent constamment. Nous veillons, avec tous nos outils de formation professionnelle, à ce que les conditions soient réunies pour que nos entreprises accèdent aux marchés.

Par exemple, sur la rénovation énergétique, différents programmes soutiennent le développement des compétences des entreprises, notamment pour obtenir le label RGE Label Reconnu Garant de l’Environnement , qui permet à leurs clients de bénéficier d’aides financières. Au-delà de la rénovation, nos entreprises doivent aussi intégrer les innovations technologiques et digitales, que ce soit pour la gestion des chantiers, de l’entreprise ou de la facturation par exemple, ainsi que l’usage de nouveaux matériaux.

Le secteur est en évolution permanente, et les compétences des salariés doivent suivre

Le secteur est en évolution permanente, et les compétences des salariés doivent suivre ces transformations. Sur les formations liées à l’énergie, la transition énergétique et la santé, plus de 100 000 stagiaires sont formés chaque année et pris en charge par l’Opco Opérateur de compétences .

Laure Vial : Nous avons beaucoup travaillé avec l’Opco pour renforcer l’accompagnement des petites entreprises dans le départ en formation de leurs salariés, notamment à travers le plan TPE.

Au-delà de la formation, l’accès aux marchés dépend aussi de l’organisation des entreprises. Nous encourageons les structures à mutualiser leurs compétences, par exemple en travaillant en GME (groupement de moyens ou d’entreprises), afin de répondre à davantage de marchés et valoriser les compétences disponibles.

Florence Diesler : Nous menons également une action forte auprès des chefs d’entreprise artisanales en matière de formation continue, notamment grâce au FAFCEA Fonds d’assurance formation des chefs d’entreprise artisanale , qui apporte un soutien financier. Cela nous permet de développer des formations sur la rénovation énergétique, les transformations numériques et digitales, ainsi que sur les innovations permettant de gérer l’entreprise différemment, pour les chefs d’entreprise comme pour les salariés. Nous accompagnons ainsi également les créateurs d’entreprise afin qu’ils structurent durablement leur activité et effectuent les bons choix.

Les dispositifs actuels de formation sont-ils adaptés aux contraintes des TPE ?

Laure Vial : Nous savons que la majorité des entreprises du secteur, près de 92 %, sont des TPE de moins de 11 salariés. Pour massifier le service auprès des quelque 220 000 entreprises du secteur avec salariés, nous apportons conseil, appui, mise en relation, financement et information.

Ces entreprises ont des besoins précis en compétences, et nous veillons à ce que ces besoins rencontrent les dispositifs existants. Elles sont aidées par l’Opco, par des organismes de formation et par leur fédération, comme la Capeb Nous pensons qu’il est essentiel de renforcer l’accompagnement de l’Opco auprès des TPE.

Florence Diesler : Nous encourageons aussi les organismes de formation à intégrer davantage d’innovation pédagogique, avec des modèles adaptés aux TPE : formations courtes, centrées sur des besoins spécifiques, ancrées dans la pratique, la résolution de problèmes et le partage d’expériences. Par exemple, pour former une TPE à l’intelligence artificielle, il faut s’appuyer sur son usage concret et non uniquement sur des apports théoriques.

Parcours

Capeb
Directrice compétences et formation
AINOA
Vice-présidente
OpenClassrooms
Vice-présidente apprentissage, inscriptions, partenariats et programmes publics
OpenClassrooms
Directrice réussite et scolarité des étudiants
OpenClassrooms
Directrice financements des formations
Opco Mobilités
Directrice générale adjointe
OPCA Transports et Services (OPCA TS)
Directrice du réseau territorial
OPCA Transports et Services (OPCA TS)
Directrice du développement et des services
ANFA
Chef de département ingénierie et compétences
L’Opcommerce
Directrice études et données
ANFA
Chef de service apprentissage
ANFA
Attachée affaires européennes

Établissement & diplôme

Inalco (Institut national des langues et civilisations orientales)
M2 Commerce international

Fiche n° 30885, créée le 29/05/2018 à 09:44 - MàJ le 02/04/2026 à 14:23

Laure Vial


Gestionnaire d’une entreprise de plomberie-chauffage


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Parcours

Constructys
Secrétaire
Conseil économique, social et environnemental (Cese)
Membre représentante des mutuelles, coopératives et chambres consulaires, désignée par CMA France
Capeb nationale
Conseillère confédérale, cheffe de file Compétences et Formation
Constructys
Administratrice
Capeb Alpes-de-Haute-Provence
Vice-présidente
Union régionale Capeb PACA Corse
Vice-présidente
Constructys
Vice-présidente (Capeb)
Chambre des métiers des Alpes-de-Haute-Provence
Présidente
Capeb 04-05 Alpes Durance
Présidente
Chambre des métiers des Alpes-de-Haute-Provence
Vice-présidente
Capeb Alpes-de-Haute-Provence
Présidente de la Commission des Femmes d’artisans

Fiche n° 49593, créée le 12/07/2023 à 15:42 - MàJ le 02/04/2026 à 14:24

Capeb

Syndicat patronal de l’artisanat du bâtiment
• Création  : 1946
• Missions  :
- proposer aux entreprises de l’information, des conseils, des services ainsi que des outils de gestion
- assurer la promotion des métiers du bâtiment et valoriser les compétences des artisans
• Chiffres clés :
- 97 % des entreprises du bâtiment ont moins de 20 salariés
-
60 000 apprentis sont formés par ces entreprises
-
46 % du CA est généré par ces TPE
• Président  : Jean-Christophe Repon
Secrétaire général  : Matthieu Rosy
• Contact  : Albertine Minart
Tél.  : 01 53 60 50 84


Catégorie : Syndicats Patronaux


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Fiche n° 5535, créée le 30/08/2017 à 02:34 - MàJ le 13/05/2026 à 09:35


© News Tank RH - 2026 - Code de la propriété intellectuelle : « La contrefaçon (...) est punie de trois ans d'emprisonnement et de 300 000 euros d'amende. Est (...) un délit de contrefaçon toute reproduction, représentation ou diffusion, par quelque moyen que ce soit, d'une oeuvre de l'esprit en violation des droits de l'auteur. »

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Laure Vial (à gauche) et Florence Diesler (à droite) - ©  D.R.